L'empire ottoman, qui s’étendait de l’actuelle Turquie jusqu’au Yémen en passant par la Syrie, comptait environ 2 millions d'Arméniens à la fin du 19ème siècle : entre 1,2 à 1,5 million seront victimes du génocide soit environ les 2/3 de cette population.

Cette extermination a commencé 20 ans plus tôt, entre 1894 et 1896, quand 200 à 250.000 Arméniens sont tués et 1 million spoliés de leurs biens. Plusieurs milliers sont convertis de force à l’islam. Au cœur de l'Anatolie, berceau de l’Arménie historique, plusieurs dizaines de villages sont rasés.

Ces massacres, orchestrés méthodiquement, sont un avant-goût du génocide. La méthode, planifiée, sera reprise par les nazis à l’encontre des Juifs.

Survient la 1ère Guerre mondiale. Les soldats arméniens de l'armée ottomane sont retirés du front et désarmés. D’abord affectés à des travaux, ils sont vite exécutés. C’est ensuite au tour des élites arméniennes d’Istanbul d’être liquidées. Puis vient le tour de la population masculine.

Comme à l’origine, l'objectif officiel était de déplacer les Arméniens d'Anatolie vers la Syrie ottomane, les femmes et les enfants sont alors réunis en convois et déportés, à pied, vers la région désertique de Syrie.

Après les habitants des provinces centrales et orientales, les Arméniens de la région sud-est sont déportés. Ils sont aussi convoyés, mais dans des wagons à bestiaux, vers les camps de Syrie où ils succombent à leur tour.

Il ne reste plus au gouvernement turc qu’à liquider les 700.000 Arméniens qui ont survécu aux marches de la mort et au travail dans les camps : un télégramme ministériel à la préfecture d'Alep tonne le ton : « Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici » . CQFD

(cet article a trouvé sa matière dans la revue Herodote.net )