C’est plutôt « hard time » (des temps difficiles) qui se prépare ! J’invente ? Je plaisante ? Encore une lubie de coco ? La théorie du complot ? Non, le journal Les Échos !

Les financiers des pays les plus puissants de ce monde capitaliste (pays européens, Etats-Unis, plus quelques pays émergents) se seraient fixé pour objectif, nous apprend le quotidien économique, l’ « ambition » de prendre rapidement des mesures « impopulaires », dans l’attente de la copie, plus développée et plus précise en même temps, que chaque État membre devra rendre pour le mois de septembre.

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De quoi s’est-il agi ? « Les ministres des Finances du G20 ont essentiellement évoqué les mesures structurelles nécessaires pour favoriser la croissance et l’emploi. Des mesures qui ne seront pas forcément populaires »

Tiens, c’est bizarre, en quoi des mesures pour « la croissance & l’emploi » seraient-elles impopulaires ? S’il y a moins de chômeurs, c’est super ! Si la croissance revient, c’est tout bon pour les salaires, et aussi pour recréer des emplois, donc encore moins de chômeurs iront à Pôle-Emploi !

C‘est le représentant australien qui a vendu la mèche & a donc annoncé les mauvaises nouvelles : «(C)es réformes structurelles pourraient être impopulaires (…) Elles doivent être ambitieuses. Elles doivent être nouvelles et non pas être des réformes recyclées » !

Pourtant, on pourrait dire ‘Chouette’, des mesures « ambitieuses » & « nouvelles » : enfin des décisions qui soutiennent vraiment la création d’emploi, qui permettent aux Etats de maîtriser leurs finances & leurs investissements, qui pénalisent les entreprises qui fraudent, licencient et/ou délocalisent, qui taxent même, pourquoi pas, les mouvements (improductifs) de capitaux (la fameuse Taxe Tobin !) ! C’est çà ? Je vote pour !

Mais non, il fallait rester jusqu’au bout et attendre la conclusion qui tue : « Une chose est cependant sûre : toutes ces mesures évoquées sont fortement teintées de libéralisme ». Ah, d’accord, mais il fallait le dire tout de suite !

Car, vraiment, j'ai du mal à me convaincre que des décisions «fortement teintée de libéralisme » puissent être « ambitieuses » & « nouvelles » et, surtout, différentes des bonnes vieilles recettes qui ont vendu la Grèce à l’encan : dérégulation et flexibilisation du marché du travail, baisse de moitié du montant des salaires , réduction des dépenses publiques sous forme de baisse des pensions de retraite et du traitement des fonctionnaires, baisse des investissements publics, baisse des dépenses d’armement (çà, ce n’est pas négatif !) tout en cherchant à augmenter les recettes : hausse de la TVA, hausse de certaines taxes & création de nouvelles….

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Résultat : en 4 ans (2009/2013), la dette publique grecque a explosé de 125 % à 180 % du PIB, non pas tant parce qu’elle augmente en volume mais en raison de la chute du PIB (entre -5 et -7% par an sur la même période) ; quant au taux de chômage, il est passé de 12 à 30% (50% chez les jeunes) !!

Au fait, cela ne vous rappelle rien ? : ici, on entend parler de « relancer la croissance », de « redresser l’emploi » (ben oui, avec un ministre du Redressement productif !), et pourtant le déficit public se creuse et le chômage s’envole (3,3 millions de demandeurs d’emploi officiels !)

Ah oui, j’oubliais ! Il fut un temps, qui ne saurait tarder à revenir, où des « mesures qui ne sont pas forcément populaires », nous étaient présentées par nos dirigeants, y compris et surtout, par des gouvernements se réclamant de la « Gauche », sous un autre vocable qui n’est plus en vogue aujourd’hui : il s’agissait de mesures « courageuses » !

Hollande.voeux.3.jpgEt oui, il faut être bien courageux pour annoncer aux pauvres qu’ils vont être encore plus pauvres parce qu’il faut laisser les riches devenir encore plus riches !

On a failli croire que le (vrai) courage, c’était de mettre en application le slogan désormais célèbre : « Mon ennemi, c’est la finance » !