Nos médias et commentateurs français sont dépités. C’est la « cata » ! Pourquoi ? Parce que le président grec n’arrive pas à trouver un éventuel premier ministre pour former un gouvernement. Mais plutôt que de montrer que les partis pro-austérité, Nouvelle Démocratie (Droite) et PASOK (Parti socialiste) ont été sanctionnés, ils préfèrent gloser sur le problème : Le Monde et Le Figaro se retrouvent pour critiquer « la crise politique » ou « le chaos politique » (Déjà, le jour même des élections, Euronews pronostiquait des « Elections à risque »)

Des résultats non conformes

Au vu du contexte politique, le pays se demande si l'Union européenne acceptera de s'acquitter de l'aide prévue qui s'élève à 5,2 milliards d'euros pour couvrir les arriérés de l'Etat.

Il est vrai que le rejet par le peuple grec de la politique d'austérité décidée par l'UE effraie les marchés et les responsables européens. D’où, devant l'urgence de la situation, le dirigeant du Pasok (Parti socialiste grec) et ancien ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, a proposé la constitution d'un gouvernement "d'union nationale" à toutes les formations qui satisferaient deux exigences: rester dans l'euro et renégocier avec l'UE et le FMI.

Les résultats des élections législatives font craindre aux dirigeants européens un effet de contagion dans les autres pays : la CDU de Merkel bousculée aux élections régionales, puis dans 2 semaines les Législtives en France, avant le même scrutin en Italie.

Grece_Syriza_leader.pngAprès l'échec des conservateurs (Nouvelle Démocratie) à former un gouvernement, Alexis Tsipras, chef de file du parti de gauche radicale Syriza a tenté le même exercice de style

Former un gouvernement anti-austérité semble une entreprise difficilement réalisable d'autant plus que le Parti communiste a déjà annoncé (KKE) qu'il ne s'allierait pas avec Syriza. Le chef de file du parti de gauche radicale s’est donc vu contraint de négocier avec les partis traditionnellement majoritaires du pays.

Un mode de scrutin un peu spécial

Depuis 2004 c’est un système mixte, basé sur le scrutin proportionnel avec une dose de scrutin majoritaire (loi “Skandalidis”, du nom du député socialiste qui en est l’inspirateur : nom prémonitoire !). Le but de ce mode de scrutin est que le Parlement exprime la diversité des opinions tout en renforçant le parti arrivé en tête pour faciliter la formation d’une majorité parlementaire. Sur les 300 sièges du Parlement, 250 sont attribués à la proportionnelle calculée en ne prenant en compte que les partis ayant dépassé 3%.

Les 50 sièges restants sont attribués au parti ayant obtenu le plus de voix, quel qu’ait été le pourcentage obtenu.

D’où cet imbroglio politico-institutionnel.

Tant mieux pour les tenants du statu quo et les partisans de l’austérité. Car faire re-voter les Grecs, c’est, à grand renfort de propagande, de menaces et de mensonges, leur faire croire qu’en votant différemment, par exemple en votant pour les partis qui ont plombé le pays, leur sort s’améliorera et que l’Europe et le FMI, telles des mères-poules, auront un regard bienveillant.

Las, c’était sans compter avec Christine Lagarde qui a vendu la mèche : la ci-devant Présidente du FMI, ex-ministre des Finances chez nous, a demandé aux Grecs de commencer par payer leurs impôts : quelle insulte pour les retraités, fonctionnaires et salariés qui ont vu leurs revenus amputés jusqu’à 30% !.

Chers Grecs ne soyez pas dupes ! D’autres peuples ont dû re-voter lorsque le résultat n’a pas eu l'heur de plaire aux technocrates européens et à ces messieurs de la finance !