Il est vrai que rien n’a changé depuis le temps de l’AOF et de l’AEF, si chères aux hommes politiques de la IV° République, les Soustelle, Mollet, Lacoste & autres Bidaud (Mitterand ?), remplacés ensuite par les hommes de l’ombre, depuis le Foccart du pasquo-gaullisme jusqu’au « Papa-m’a-dit » mitterandien. Pour preuve la situation en Côte d’Ivoire & les « révélations » sur l’ancien président du Gabon, O.Bongo.

UN SILENCE ASSOURDISSANT

Pour ce qui concerne les indépendances c'était se rappeler qu' au moment où la France recouvrait la sienne, se libérait du joug nazi, cette même France massacrait à Sétif & à Guelma en Algérie en ce 8 mai 1945 !, bombardait Haïphong au Vietnam en 1946 et perpétrait d'autres massacres à Madagascar en 1947, sans oublier la manifestation de Paris réprimée dans le sang & les eaux de la Seine le 17 octobre 1961 !

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L’on me rétorquera qu’il est préférable de ne pas raviver un passé douloureux. Mais douloureux pour qui ?

Pour la France qui perdait la mainmise directe sur les ressources & richesses de ces pays ? Pour ces ex-colonies qui ont, parfois de haute lutte, vu reconnaître leur droit à gérer leur destin ?

Aussi, commémorer les indépendances africaines aurait signifier reconnaître le colonialisme français, ce dont certains ont la nostalgie, ainsi que les défaites militaires et politiques, ce dont les mêmes ne peuvent toujours pas faire leur deuil.

LE BON TEMPS DES COLONIES

Faut-il rappeler que le système colonial, derrière les images d’Epinal des « européens » d’Algérie, propriétaires terriens ou commerçants, faisant corps avec le pays car descendants des colons arrivés au 19° siècle, ou des officiers français du Tonkin ou de Cochinchine, chantant « Mon Anna-na, mon Annamite » à l’ombre des pagodes, reposait sur trois piliers principaux :

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  • le pillage des richesses du pays sans « retour sur investissement » pour ses habitants
  • l’exploitation de la main d’oeuvre, qui même en l’absence de servage, consistait en travail forcé et en rapports de travail inégalitaires
  • la non-reconnaissance des droits civils et politiques des populations « indigènes » (absence de droit de vote, citoyenneté limitée, « développement séparé des races »)

LE REGNE DE LA FRANCAFRIQUE

Mais les indépendances n’ont pas pour autant signifié la fin de la présence française. Octroyées ou cédées sans véritable volonté de préparer la transition politique, administrative, économique & financière de la puissance coloniale à ces jeunes pays, ces indépendances sont bien vite devenues, dans les faits, lettre morte.

La France a maintenu des relations coupables avec ces pays. Combien de dirigeants ou d’opposants aux présidents fantoches installés par J.Foccart, qui n’avaient pas l’heur de plaire à Paris, se sont vus « gentiment » priés de quitter le pouvoir, ou d’y renoncer, ont vu des oppositions, voire des « guérillas », sortir de nulle part, quand ils n’ont pas été tout bonnement liquidés, par disparition (le leader de l’opposition marocaine Medhi Ben Barka) ou assassinat (le leader indépendantiste camerounais Félix Moumié, le premier président élu du Togo Sylvanus Olympio, le leader tchadien Oudel Bono, le président comorien Ahmed Abdallah, …..).

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De plus, la France maintient des troupes dans les principales capitales, troupes qui, aujourd’hui, nous sont présentées comme « forces de paix » (triste souvenir au Rwanda !), et qui, par le passé, ont davantage servi à mettre au pouvoir, soutenir et protéger les dictateurs (Eyadéma, Mobutu, Biya, Sassou-Nguesso, Compaoré).

UN NEO-COLONIALISME CAPITALISTE A VOCATION POLITICO-AFFAIRISTE

Aujourd’hui, ce ne sont plus directement les Etats qui exploitent les richesses africaines, mais de grandes entreprises issues de ces mêmes Etats : il suffit de citer Total-Elf pour les ressources pétrolières du Gabon ou du Congo, des sociétés de Bolloré (grand ami de Sarkozy) pour plusieurs grands ports par où transitent pétrole & minerais.

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Certes, les entreprises françaises payent pour le droit d’exploiter, mais cette importante manne financière ne profite nullement au développement des pays ni au bien-être des populations : l'argent est détourné par les dirigeants au pouvoir à leur profit personnel et celui de leurs proches & placée dans les banques occidentales ou investie dans des hôtels particuliers parisiens.

Encore mieux, qu’il s’agisse de rétro-commissions ou de cadeaux, ces fonds publics volés aux Africains venaient (viennent encore ?) alimenter les caisses des partis politiques français. « Des » ? Enfin de certains, ceux qui se partagent le pouvoir à Paris, depuis 1960, y compris sous F.Mitterand. C’est ce dont parlent les révélations sur Omar Bongo.

LA VOLONTE DE VOIR SON PAYS SE DEVELOPPER

cote-divoire-drapeau.gif Voulant tourner le dos au néo-colonialisme, Laurent Gbagbo a osé refuser le diktat du FMI. Pourquoi ? Parce qu’il estime que son pays, la Côte d’Ivoire, doit retrouver l’auto-suffisance alimentaire, par la production de riz notamment plutôt que d’en importer d’Asie, donc qu’il faut que l’Etat & les agriculteurs ivoiriens se tournent vers les cultures vivrières & ne misent plus tout sur les cultures d’exportation, dont les cours (on ne dit plus « prix »), décidés par des bourses, n’arrêtent pas de chuter.

Donc, que la Côte d’Ivoire maîtrise ses ressources, d’autant que des gisements de pétrole ont été découverts off-shore à cheval dans les eaux territoriales du Ghana.

Je terminerai donc cet article sous forme de poème :

Mais qui veut la peau de Laurent Gbagbo ?

Lui qui refuse de céder devant la Françafrique

Ceux qui ont reçu cadeaux du petit Omar Bongo

Ne sont pas prêts à renoncer à la pompe Afrique