A l’heure de présenter leurs choix budgétaires, les collectivités doivent faire face à la poursuite de la restriction des dotations d’Etat au motif de la nécessaire baisse des dépenses publiques afin de réduire les déficits publics.

J’ai déjà eu l’occasion ici d’expliquer que ce n’est pas d’un trop-plein de dépenses dont souffre l’Etat & les organismes publics (Sécu, communes, …) mais bel et bien de l’assèchement de leurs recettes depuis une décennie en raison de décisions gouvernementales successives avec des suppressions de recettes pour les collectivités (taxe professionnelle, vignette automobile, …) et des manques à gagner pour l’Etat (allègement des impôts sur le revenu & sur les sociétés) et pour la protection sociale (exonérations de charges sociales) : je n’y reviens pas.

Si avec Ayrault, pour prendre des termes militaires, puisqu’il faut bien voir que depuis 30 mois, le PS au pouvoir s’attaque au socle républicain, nous avions affaire à l’offensive bien ordonnée d’une armée en campagne, avec Valls, c’est carrément l’artillerie lourde et l’aviation réunies !

Avec la programmation de l’ « effort » réclamé aux communes, départements & régions sur les quatre exercices budgétaires 2014/2017, ce ne sont pas moins de 28 milliards € qui vont manquer dans les caisses des collectivités, sachant que ce sont elles qui :

  • investissent pour les crèches, les écoles, les collèges & les lycées et les entretiennent
  • assurent la gestion des principaux moyens et axes de transport : routes, RER et TER, réseaux de bus, …
  • pour les départements, financent l’action sociale et la solidarité : aide à l’enfance, personnes âgées et handicapées,__ …
  • de par la clause de compétence générale, assument les besoins de nombreux équipements et associations dans les domaines du sport et de la culture

Comment les élus locaux ne pourraient pas ne pas être en colère, lorsque dans le même temps, dans le cadre du « Pacte de (l’r-)responsabilité » dicté par le MEDEF, le gouvernement accorde 20 milliards de crédit d’impôt (CICE) au patronat, mais sans aucun contrôle réel sur l’objectif de création d’emplois

Et ce n’est pas le moindre des paradoxes, ironie de l’histoire, que cela se arrive, 3 ans jours pour jours, après le meeting de campagne de F.Hollande au Bourget dont tout le monde a encore en mémoire la fameuse saillie : « Mon ennemi, c’est la Finance !».

Oui, quelle ironie, alors qu’aujourd’hui, siège à Bercy, un Ministre de l’Économie qui vient de … la Finance !



Çà rime : « Macron, l’homme des Patrons »

Après avoir fait des études destinées à la haute fonction publique et commencé sa carrière au service de l’Etat, le tout financé sur les fonds publics, donc grâce aux impôts, E.Macron est devenu administrateur de la Banque Rothschild (comme un certain Pompidou en son temps), et, depuis, il n’a qu’une doctrine : moins d’Etat, moins d’impôt(s) !

Il a donc rejoint le couple Hollande-Valls pour former une nouvelle « troïka », bien hexagonale celle-là (par comparaison avec celle qui prône l’austérité en Europe : Commission européenne, BCE et FMI) afin, l’union faisant la force, d’en ajouter une couche dans le credo libéral.

Et ce n’est pas son projet de loi qui va rassurer le monde du travail : ce texte doit être examiné au Parlement dans les prochains jours et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y va pas de main morte ! Finies les précautions du rapport Gallois, finies les (pseudo-)contreparties de l’ANI, puisque, noir sur blanc, les propositions de Macron :

  • s’en prennent ouvertement aux institutions représentatives du personnel, aux tribunaux des Prud’hommes et à l'Inspection du Travail
  • enfoncent le clou sur la dérégulation du Code du Travail avec le travail du dimanche et de nuit

Justement en ce dimanche 25 janvier, alors que ce déroule les élections législatives en Grèce, gageons que les héritiers d’Aristote, de Socrate et d’Hérodote sauront redonner sens aux mots « politique », « république » et « sens de l’histoire » et renvoyer à leurs chères études et à leurs bureaux confortables de la Commission européenne, les hiérarques d’Athènes !