La Grèce est épuisée par cinq années d’austérité mais Tsipras tient bon ! Il n'entend pas renoncer à son programme électoral dont l'objectif était de relancer l'économie et créer des emplois, de faire rentrer des recettes fiscales et de développer la solidarité.

Gr_ce.Pauvret_.pngQuoi de plus normal quand le pays compte 5 millions de chômeurs (pour 11 millions d'habitants), soit un taux de 28%, & 3 millions de pauvres, que la mortalité infantile a fait un bond de 40%, que 40% des retraités vivent sous le seuil de pauvreté, que le taux de suicide explose, ....., collectif de solidarité tandis que les nantis échappent à l'impôt et continuent de participer à l'évasion fiscale !

Quant à la dette.........!? Ceux qui ne jurent que par les dogmes européen et libéral, ils croient faire acte de pédagogie en récitant le dicton : 'qui paie ses dettes s'enrichit'.



UNE CRISE ÉCONOMIQUE & SOCIALE PROVOQUÉE

Le diktat de la troïka en est la preuve contraire, et par l'absurde de surcroît : en 2009, la dette grecque représentait 115 % de son PIB ; aujourd'hui, alors qu'une partie de la dette est remboursée, elle en représente 170 % ! Cherchez l'erreur !

Elle est vite trouvée : avec une économie en régression et des recettes fiscales qui ne rentrent pas, le PIB régresse : moins 25 % depuis 2010 !

D'un autre côté, et c'est ce à quoi s'est attelée une commission parlementaire ad-hoc, il convient d'examiner l'origine de cette dette, ce dont ne parlent jamais les 'spécialistes'.

Et là c'est le fusil à deux coups pour assassiner un pays, selon la bonne vieille recette du capitalisme triomphant qui bénéficie derechef de l' appui des institutions européennes :

  • Selon les termes d'un premier rapport, le tour de passe-passe financier relève de l'escroquerie puisqu'il s'est agit d'une «  transformation de la crise des banques privées en une crise de la dette publique », à quoi se sont ajoutés les intérêts
  • Certes la Grèce a bénéficié de deux plans de 110 & 130 milliards € mais 80 % de ces montants ont servi à rembourser les créanciers et renflouer les banques , notamment allemandes & françaises.

En tout état de cause, les Grecs n'ont jamais vu la couleur de cet argent !

D'où l'analyse de la commission parlementaire : une grande partie de cette dette est « illégitime », d'autant que les 'plans d'aide' étaient assortis d'exigences : baisses des pensions et hausse de l'âge de départ en retraite.

D'où la demande de Syriza de restructuration de cette dette, entendez le refus, légitime, d'en rembourser une partie, ce qu'ont déjà fait l'Argentine, l'Equateur ou l'Islande.

D'autre part, la dette, contractée pour équilibrer le budget, résulte largement de l'évasion fiscale, sport national de la bourgeoisie grecque ; s'y ajoutaient : la corruption sur les grands contrats publics, pompant les finances de l'Etat  et la logique européenne d'alléger la fiscalité des entreprises & des couches sociales les plus aisées.



UN JEU DE DUPES INSOUTENABLE

Gr_ce.vautours.jpgDepuis 2010, sitôt qu 'un gouvernement acceptait des 'réformes', la troïka lui en imposait d'autres. Or, jusqu'en janvier 2015, Lagarde (FMI), Draghi (BCE) & Juncker (Commission) n'avaient affaire qu 'à des dirigeants malléables, de Droite, socialistes, voire carrément issus des milieux technocrates européens !

Aujourd'hui la donne a changé avec la victoire de Syriza : c'est pourquoi ils veulent faire rendre gorge à Tsipras !

D'où la politique du pire de la BCE : en créant une pénurie de liquidités pour les banques grecques et l'impossibilité pour celles-ci d'utiliser le mécanisme d'urgence (ELA),, elle a provoqué une panique bancaire, accélérant les retraits aux guichets, le « bank run » (stratégie déjà utilisée en Irlande en 2010 & à Chypre en 2013 pour faire plier ces deux pays).

D'où le choix, fin juin, des dirigeants européens de renforcer l'austérité : augmenter de la TVA, des médicaments, nouveau recul de l'âge de départ en retraite…....  afin de placer Alexis Tsipras dans une situation intenable. Cerise sur la gâteau et 'dernier' ultimatum: si la Grèce, au 30 juin, ne remboursait pas 1,6 milliard, elle pourrait se voir refuser l'aide promise de 7,6 milliards, elle-même conditionnée à des mesures d'économies.



LA SOLIDARITÉ DES AUTRES PEUPLES CONTRE LA GUERRE DES EUROCRATES

Bien davantage que des recettes austéritaires des institutions financières, des conseils des eurocrates ou des admonestations des chiens de garde libéraux, les Grecs ont besoin d'un vaste & solide élan de soutien à travers le continent., comme Tsipras a le soutien de sa population (cf les rassemblements devant la Vouli) Gr_ce.Manif.soutienVouli.2.jpg

« Le jeu est terminé »  comme l'a menacé le Polonais Donald Tusk, président du Conseil européen ? L'on pourrait être d'accord avec ce conservateur bon teint s'il s'agissait de mettre fin à l'engrenage vicieux menant à un « Grexit », avec le risque de voir sortir la Grèce de la zone euro. Ou d'en finir avec les choix austéritaires qui se propagent dans tous les pays de l'Union européenne.

Dans les faits, la stratégie des dirigeants européens, de Bruxelles (Commission européenne) et de Francfort (BCE) n'a rien à voir avec une quelconque régulation économique & budgétaire vertueuse des Etats. Ils mènent un combat politique avec une double visée :

  • imposer des politiques économiques & sociales libérales, quelles qu'en soient les conséquences pour les populations, dès l'instant que des gouvernements, et peu importe leur couleur politique (cf le PS chez nous), sont prêts à les mettre en œuvre ;
  • remettre en cause la victoire de Syriza et discréditer Alexis Tzipras en lui faisant porter la responsabilité de la crise grecque, du moins l'échec de sa politique, s'agissant de montrer qu'il n'y a aucune alternative au libéralisme : « TINA » , « There is no alternative »comme l'avait dit Thatcher en son temps et comme l'a récemment claironné un certain Manuel Valls !

C'est la raison pour laquelle, face à ce tir de barrage tant des milieux financiers que politiques européens, les Grecs doivent pouvoir compter sur les autres peuples de l'Europe : la solidarité s'organise déjà avec des jumelages entre villes, des collectes de médicaments & d'appareils de soins (la crise humanitaire menace : suicides, tuberculose, syphillis, sida, cancer, ….). Un collectif de solidarité France-Grèce vient de se créer.

OUI, désormais, face au putsch financier, NOUS SOMMES TOUS GRECS !

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