Eh oui, les mois de septembre sonnant en « douze » sont particulièrement propoices aux célébrations et autres commémorations, parfois comme titre de gloire, parfois marqué du sceau du renoncement



Revenons ainsi deux siècles en arrière et plongeons-nous dans la Révolution française:

Le 10 août 1792, les privilèges sont abolis (3 ans jour pour jour après la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 10 août 1789)

  • 1° date anniversaire : le 21 septembre 1792, c’est à la Monarchie d’être à son tour abolie et la I° République française est instaurée

Ces 2 dates résonnent d’autant plus fort aujourd’hui que :

- sur le plan social et économique, les privilèges de quelque uns n’ont jamais été aussi importants, les écarts de richesse jamais aussi criants entre riches et pauvres

- sur le plan politique, de celle « des cadeaux et des châteaux » sous Giscard à celle du pouvoir personnel et autocratico-médiatique de Sarkozy, notre République n’a jamais été autant mise à mal (scandales politico-financiers, « pipelisation », )

L’Ancien Régime semble n’avoir jamais été renversé tant la société de la France d'aujourd'hui témoignent de parallèles fâcheux avec la monarchie louisquatorzienne.

Quel rapport avec le traité européen me direz-vous ?

Voyez vous-mêmes!



« VIVE LA NATION ! »

  • 2° date anniversaire : la veille de la fin de la Monarchie, la victoire de Valmy du 20 septembre marquait la première victoire du jeune gouvernement révolutionnaire, les Sans-Culottes inorganisés vainquant les troupes prussiennes et autrichiennes ("l'Europe coalisée") qui avaient envahi le territoire français dès le 18 août, soutenues par les « émigrés » : ces derniers n’ont rien à voir avec les populations étrangères stigmatisées par le FN, mais étaient les aristocrates royalistes qui avaient fui à l’étranger pour mieux fomenter la contre-révolution avec l’appui des puissances étrangères.

En l’espèce, le nouveau gouvernement, issu de la Convention et porté au pouvoir par le peuple, s’était montré fidèles à ses engagement : pouvoir au peule, "réforme des institutions", indépendance nationale, ....

Cela ne vous rappelle rien ? Un jeune pouvoir dont on attend qu’il réponde aux espoirs mis en lui, qu'il applique a-minima son programme électoral et qu'il satifasse les attentes de la majorité de ses concitoyens .......! Cherchez bien !


  • 3° date anniversaire : il y a 20 ans, le 20 septembre 1992, donc, pour le bicentenaire de la bataille de Valmy, on nous demandait, non pas de résister aux forces conservatrices de l’Europe triomphante, mais de renoncer à un véritable Europe des Nations en nous prononçant en faveur du traité de Maastricht, c'est-à-dire pour un vaste espace économique et financier au service du capitalisme financier, et il s’en est fallu d’un rien que le Non l’emporte !


"VINGT ANS APRÈS"

L'on nous refait d'ailleurs le même coup, avec les mêmes arguments, et malheureusement, encore sous l'égide d'un gouvernement socialiste, celui-ci recevant bien entendu, comme en 1992, l'appui de la Droite libérale, Copé et Fillon ayant remplacé Balladur et Juppé.

En fait d'arguments, c'est (toujours) un peu court !

Ceux qui sont contre le traîté sont, au mieux qualifiés d' imbéciles qui ne comprennent rien aux enjeux européens, au pire de mauvais Français, de conservateurs nationalistes, et de façon plus polémique, de mauvais soutiens au nouveau Président, notamment en empêchant tout débat entre forces de Gauche :

- soit on ne veut pas soutenir F.Hollande, car la question du TSCG « n'est pas pour ou contre le traité mais pour ou contre le soutien » au Chef de l’Etat (Bruno LE Roux, président du groupe PS à l’Assemblée)

- soit « ceux qui voteraient Non prennent le risque d’une crise politique » (notre député Olivier Faure)

Mais, mon cher Olivier et Monsieur Le Roux, notre « soutien » à F.Hollande, nous l’avons montré le 6 mai dernier en le faisant élire Président et en envoyant, un mois plus tard, une majorité de Gauche à l’Assemblée . C’est donc vous qui prenez « le risque d’une crise politique », ne serait-ce que parce votre propre majorité est d’ores et déjà divisée su r la question.

En effet les Ecolos sont peu suspects d’être anti-européens, puisque leurs députés, au Parlement de Strasbourg , ont déjà voté pour le MES et, pour une partie d’entre eux seulement, pour le TSCG. De plus des parlementaires socialistes ont également marqué leur opposition au traité.



Chez nous, c’est plus clair. Le PCF a depuis des mois alerté sur la dangerosité de ce texte, qui renforce les mécanismes ayant conduit à la crise et qui empêchent aujourd’hui d’en sortir : rôle de la BCE en faveur des banques, sabotage spéculatif de ces mêmes banques contre leur propre pays (les fonds espagnols et italiens placés en Suisse).

Mais surtout, le TSCG instaure la Règle d’or, chère à Sarkozy, qui inscrit dans la constitution l’obligation de réduire les déficits publics, corsetant tout gouvernement d’agir.

Le voilà le lien avec Valmy : il y a 220 ans, le peuple en armes rejetait l’Europe des monarques au nom de « Vive la Nation »

Aujourd’hui, 20 ans après le traité de Maastricht, c’est un nouveau renoncement devant l’Europe des multinationales !

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