« OXI » (« NON ») avait recueilli 62 % des voix ! Rien n’y fit : les technocrates européens et leurs zélateurs (Merkel, Junker, Cameron en tête), sans parler du silence assourdissant de Hollande, ont eu la peau de Tsipras. Leur objectif est atteint : non pas tant imposer par le chantage une nouvelle cure d’austérité que montrer à un peuple, voire aux autres populations de l'Europe, que rien ne sert de voter et surtout qu’il ne saurait être question de vouloir remettre en cause la doxa libérale !

Les « Dames de Fer » (Merkel & Lagarde) ont donc eu la peau de Tsipras ! Sans entrer dans les débats, stériles désormais, de savoir si la Grèce devait ou non sortir de l'Euro et si Tsipras a eu raison ou non de signer le « plan d'aide », donc, s'il a ou non trahi le peuple grec, la seule question qui vaille désormais est celle de l'enjeu de cet oukaze sur un peuple souverain & un dirigeant légitime.

Certes, l’on peut gloser à loisir sur la décision de Tsipras de finalement signer cet accord. Le moindre que l’on puisse dire est qu’il s’est retrouvé avoir en main la corde que la BCE & Merkel lui avait déjà passé autour du cou pour le pendre !



LA BANQUE CENTRALE, COMBIEN DE DIVISIONS ?

Alors, oui, si l’on prend son programme et son initiative de référendum, l’on peut considérer qu’il a capitulé, certes, ... mais pas sans combattre et face à des forces supérieures en nombre.

Hollande_Merkel_consorts.2.jpgAlors, oui, ceux qui savent si facilement se draper dans leur écharpe rouge ont raison de l’accuser de trahison ... sauf qu’ils oublient de regarder la réalité en face : malgré tout, Tsipras a obtenu davantage que ce que la BCE était prête à lui accorder début juillet et surtout, des liquidités pour les banques grecques face au risque de pénurie dont la population, et non les créanciers, auraient souffert au premier chef.

Quant aux autres, Droite, PS & consorts, ils jasent aujourd’hui sur la résistance & le « combat d’arrière-garde » de Tsipras : « Tout çà pour çà !? » osent-ils proclamer, à savoir : à quoi bon avoir joué les gros bras et gonflé la poitrine, en embarquant les Grecs dans un bras de fer, si c’est pour finalement signer des deux mains ? Pour eux, il suffisait de se coucher tout de suite !



LES PEUPLES EUROPÉENS, QUELLE CAPACITÉ DE RÉSISTANCE À L’AUSTÉRITÉ ?

Oui, mais voilà, c’était bien cela l’enjeu et les dirigeants européens, tant ceux de Bruxelles que les politiques de Paris, Berlin ou Londres, l’ont bien compris : il ne fallait pas que Tsipras réussisse, qu’il s’agisse de mener à bien son programme électoral comme de s’opposer ouvertement au « plan d’aide » destiné à « sauver la Grèce »

En effet, la réussite de Tsipras , sur le fond (appliquer un programme anti-austérité) comme sur la forme (remettre en cause la doxa libérale) aurait pu donner des idées à d’autres peuples européens, d’autant que, dans plusieurs pays, des élections générales se profilent à l’horizon et que les gardiens du temple libéral, qu’ils soient de pur libéraux, des « libéraux-libertaires » ou des sociaux-libéraux, dans un même élan et comme un seul homme, n’entendent pas voir entraver leurs « mesures courageuses » pour redresser leur pays respectif.

Car c’est bien de cela dont il s’agit : faire comprendre à ces peuples, y compris en bafouant la démocratie, qu’il n’est qu’un chemin, celui de l’austérité !

Hollande_Merkel_consorts.1.jpgQuelle ironie, mais aussi quelle injure : ceux qui n’ont d’habitude que ce mot « Démocratie » à la bouche ou au bout de leur stylo lorsqu’il s’agit de la Russie ou de la Chine, n’ont pas été aussi regardant pour dénoncer l’action d’un Premier ministre élu, soutenu par une majorité et que, par référendum, les citoyens ont conforté dans sa volonté de trouver une issue à une crise dont ils ne sont nullement responsables (alors que Papandréou était acclamé à un congrès du PS quand il affamait sa population !)

Pour autant, ces tenants de la manière forte n’auront pas pu taire la voix qui s’est fait entendre et masquer la voie qui a fait son chemin du côté d’Athènes : Podemos en Espagne a réussi à briser le consensus entre PP (Droite) & PSOE (PS) en remportant de grandes villes dont Madrid & Barcelone ; en Grande-Bretagne, Corbyn est en train de réveiller les consciences ouvrières & les militants sincères du Labour Party après des années de blairisme ; en Allemagne, les syndicats se mobilisent pour récolter les fruits du meilleur élève de l’Europe, certes au prix des mini-jobs & des emplois à 400€ !

Quant à la France ..... C’est un peu là que le bât blesse ! Il vrai qu’en donnant, dans les média, y compris les radios & TV publiques, la parole au FN & à la Droite (cf ce week-end avec les Universités d’été du FN et de LR sur LCP), nos concitoyens ne risquent pas de s’interroger sur une issue possible à la crise et sur les moyens d’une véritable alternative ... à la Tsipras !

C’est pourquoi, moi, véritablement, JE SUIS TSIPRAS !

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