FdG_1.jpg En juin dernier, les communistes ont été consultés par la direction du PCF sur une éventuelle participation, Pierre Laurent, notre secrétaire général ayant d’ores et déjà, au soir de l’élection de François Hollande, fait savoir que les « 60 mesures » ne constituaient en aucune façon un programme de Gauche digne de ce nom.

J’ai soutenu cette position et ai voté dans ce sens, même si je craignais qu’une position par trop négative ne soit mal interprétée.

Certes, les « 60 mesures » du candidat Hollande étaient loin de notre manifeste de campagne, « L’Humain d’Abord », et encore plus éloignées du programme du PCF !

Cependant, un certain de nombres de décisions pouvaient être prises par le gouvernement d’une Gauche rassemblée, aussi bien dans les domaines :

  • économique et social (relèvement des bas revenus, programme de grands investissements, choix d’une politique industrielle),
  • fiscal et financier (taxation des flux et revenus financiers, réforme fiscale, contrôle public de l’activité bancaire),
  • sociétal et des droits (mariage homosexuel, droit de vote des étrangers),

toutes mesures que des ministres communistes pouvaient approuver des deux mains :

1) Notre participation gouvernementale aurait ainsi attesté la volonté et l’engagement du PCF pour le succès d’une nouvelle politique, après les 10 ans de Droite et le quinquennat de Sarkozy, d’autant que nos participations antérieures ont prouvé l’importance de notre apport au plus haut niveau du pouvoir (1945, 1981 & 1997)

2) Au cas où, ou au moment où, les socialistes estimaient que nous « trahissions » les engagements de la Gauche, sans attendre d’être ‘virés’ du gouvernement, nous pouvions nous retirer en mettant en débat devant les électeurs et les citoyens les raisons de cette rupture



« BILAN GLOBALEMENT NÉGATIF »

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Qu’en est-il de la « rupture » tant attendue si elle n’a pas été promise ? En 2007, Sarkozy a bel & bien engagé une politique de rupture, mais avec le socle républicain qui soudait notre pays depuis la Libération.

Quid de l’entrée de François Hollande à l’Elysée ? Rien, nada, que dalle !

S’il y a eu rupture, c’est avec la tradition de l’arrivée de la Gauche au pouvoir qui a toujours, dès le début de son mandat, pris des mesures radicales (reprenez celles du Front Populaire, du premier septennat de Mitterrand et même, dans une moindre mesure, de la deuxième cohabitation avec le gouvernement Jospin de « Gauche plurielle »)

S’il y a eu rupture, c’est avec le propre programme du candidat Hollande et/ou avec ses propos de campagne, « (d)es promesses qui » , comme chacun sait, « n’engagent que ceux qui les écoutent » (dixit C.Pasqua) !

D’où quelques questions de bon sens sur des sujets avec lesquelles, aujourd’hui, le PS est fâché :

  • quand les étrangers non européens pourront-ils enfin voter aux élections municipales ?
  • pourquoi, si « l’augmentation de la TVA (était) inopportune, injuste, & infondée » en 2012, serait-elle devenue nécessaire et pertinente en 2013 ?
  • en quoi le TSCG a-t-il été renégocié ?
  • ’last but non least’, quand le Président va-t-il s’attaquer à son « ennemi, la finance » , adversaire « qui n’a pas de nom, pas de visage » (discours du Bourget en janvier 2012) ?

Alors, face à une Droite décomplexée, Hollande incarne-t-il une Gauche complexée ? Rien n’est moins sûr !



« MAUVAIS, MAIS (NE) PEUT (PAS ?) MIEUX FAIRE »

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Car derrière « le Président normal », « l’homme de consensus » ou le représentant d’une « Gauche molle », se dissimule un propagandiste zélé des thèses social-libérales, et ce depuis 30 ans.

Retour en 1983: avec quelques amis énarques, il crée au sein du PS un courant intitulé….. « transcourant », afin d’ « explor(er) les chemins du réformisme, c’est-à-dire du compromis » . Portés sur les fonds baptismaux par Rocard et Delors, la bande met le principe de réalité au-dessus de tout, défrichant une « troisième voie » , basée sur la pleine acceptation de l’économie de marché, jetant aux orties toute réforme de Gauche, la politique n’étant plus assumée que comme la bonne gestion de l’économie, avec une fascination pour le patronat.

Bref, l’acceptation pure et simple de la domination capitaliste !

Bref, du Blair et du Schröder avant l’heure !

« Nous étions même en dernier ressort pour les petits boulots. (…) Au moins n’élevions-nous pas de digues de pureté rhétorique contre la crue débordante du chômage » (les propos sont extraits d’une tribune d’un membre du groupe de Hollande dans le Nouvel Observateur en 2007). CQFD.



Aujourd’hui, si Hollande n’affiche plus directement cette conception, ces choix en portent témoignage. Bien plus, un de ces ministres reprend bien haut le flambeau du renoncement et de la capitulation. Ainsi, P.Moscovici, Ministre de l’Economie, assume « l’engagement réformiste » en se revendiquant « le ministre des entreprises » devant ……la Conférence des Entrepreneurs !

Il faudrait alors que le Président, déclarant placer l’année 2013 sous le signe de « la bataille pour l’emploi », inverse les machines de son bateau qui prend l’eau de toutes parts. Ne serait-ce que parce le patronat, lui, n’a pas attendu pour engager la bataille contre l’emploi, y compris contre des emplois à haute valeur ajoutée puisque des charrettes de licenciements concernent des ingénieurs, des cadres et des chercheurs.

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Il faudrait aussi, et surtout, qu’il fasse preuve de "réalisme" , mais dans le sens opposé à celui qu’il défend depuis 6 mois : en écoutant moins ceux qui détruisent l’emploi, fuient l’impôt et comptent se gaver de ce qui reste de biens et services publics, mais en se faisant le garant de ce socle républicain, voire, si affinités avec celles et ceux qui l’ont élu, en engageant sans délai, et sans demander l’avis de Mme Merkel, les réformes dont notre pays a besoin :

  • politiques : vote des étrangers, réforme territoriale, réforme des institutions,...
  • économiques : plan pour l’emploi, plan pour l’industrie,...
  • budgétaires/financières : aides conditionnées aux entreprises, réforme fiscale, contrôle du secteur bancaire,...
  • sociales : droits nouveaux des salariés dans l’entreprise, réforme des retraites, droit à la santé (abrogation de la Loi HPST),...

A bon entendeur, salut ! Et Bonne Année !

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