Le devant de la scène médiatique serait quasi-occupé, depuis le début de l'année, par des sujets sérieux certes, mais qui ne font pas le quotidien de la très grande majorité de nos concitoyens (guerre au Mali ou mariage pour tous), si ce n'était la situation de l'emploi qui ne peut plus être masquée, d'en déplaise aux arguties technocratiques des Ministres Moscovici et Sapin ainsi à qu'à la marinière d'Arnaud Montebourg.

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Les salariés de (trop !) nombreuses entreprises sont menacés dans leur emploi, ils le font savoir et veulent être écoutés. Et Valls leur envoie les CRS !

manif_ouvriers___CRS.jpgI – La matraque plutôt que le dialogue !

Les seuls accords qui vaillent pour vous et votre majorité sont ceux où le patronat dicte sa loi (cf article "Accord de la Honte" sur l'accord "compétitivité-emploi")

NON, Monsieur le Président ! Ce n’est pas en avalisant les revendications du MEDEF vers plus de flexibilité du marché du travail, avec son lot de précarité et de bas salaires, que vous redresserez la situation du pays. Pensez-vous véritablement que les 20 milliards octroyés au patronat vont être affectés aux investissements, à l'emploi, à la formation ? Les exonérations accordées par la Droite pendant dix ans répondent par la négative !

NON, Monsieur le Président ! Ce n'est pas en renonçant à examiner les propositions des salariés des entreprises pratiquant les licenciements boursiers, ouvriers et cadres qui se mobilisent pour sauver l'emploi mais aussi pour avancer des projets innovants, que l'on instaure le "dialogue social" si cher à vos yeux. Et surtout pas en faisant intervenir les forces de l'ordre comme aux plus beaux jours de la IV° République avec le Ministre Jules Moch ou sous Giscard (déjà la sidérurgie lorraine) avec les ministres Perrefitte et Poniatowski.



Lutte_des_Classes-Parisot_1.jpgII – La fin de la lutte des classes ?

Tout indique qu'elle est toujours bien présente dans l'esprit du patronat et qu'il entend bien la gagner, si ce n'est déjà fait comme l'affirmait naguère W.Buffett. Pourtant, la "Gauche", et pas seulement Cahuzac, semble ne plus y croire, vous-même empêtré dans le grand écart entre électorat en attente et patronat à ne pas froisser.

NON, Monsieur le Président !. Marx n'est pas mort et la lutte des classes est bien vivante, surtout du côté patronal. Ce que vous et vos fidèles, à la traîne du MEDEF, appellez "adaptation à la mondialisation", "nécessaire réforme du marché du travail" ou "réduction des charges des entreprises" ne relève que de l'offensive libérale visant à réduire les coûts de production, la variable d'ajustement la plus effective étant les charges de personnel et l'objectif restant toujours (depuis Marx, bien sûr) le maintien du taux de profit : cette offensive, par média, 'think tanks' et, malheureusement, ministres interposés, mais surtout au coeur des entreprises, comment la nommer autrement que par ce mot qui semble désormais jurer dans la bouche de vos amis socialistes : LUTTE DES CLASSES !

OUI, Monsieur le Président ! Vous seriez bien inspiré de faire vôtres les propositions des parlementaires communistes, dont certaines, en substance, figuraient dans votre programme électroral :

  • Amnistie pour les personnes poursuivies pour faits de luttes syndicales, sociales ou citoyennes et fin de la criminalisation du simple fait de revendiquer ou d'exercer sa liberté d'opinion (cf les "tracasseries" contre des militants ayant distibué des tracts)
  • Interdiction des licenciements boursiers (cf Danone qui annonce 900 licenciements en Europe, dont près de 300 en France, mais va distribuer les dividendes de son bénéfice en hausse !) et sanction contre les entreprises les pratiquant
  • Création d'un pôle public bancaire dont la BPI aurait pu être l'amorce avant que vous ne la dotiez de moyens dérisoires et, surtout, ne lui confiez une mission toute autre que celle de soutenir notre industrie mais celle d'être, selon les mots de Moscovici, "le porte-avion du pacte de compétitivité"

Il y un peu plus d'un an, en Janvier 2012, lors du meeting de lancement de votre campagne, au Bourget, souvenez-vous, vous fustigiez l'ennemi qui "n'a pas de nom, pas de visage" ! Vous parliez de la "Finance" ! Aujourd'hui, vous ne composez pas seulement avec elle, vous n'en êtes pas seulement l'otage, vous en êtes le complice !