Une preuve encore, s'il en fallait d'autres, que la Palestine est loin d'être un Etat digne de ce nom, avec toutes ses compétences et ses prérogatives, puisque pour s'y rendre & y pénétrer, il faut passer par Israël et rendre des comptes au retour ( "où êtes-vous allés, qui avez-vous rencontré, pouvez-vous donner des noms....?" )

R é p u b l i q u e F r a n ç a i s e

Paris, le 13 avril 2011

 Monsieur le Ministre,

Je souhaite attirer votre attention sur des faits inqualifiables qui se sont produits à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv le lundi 11 avril et qui concernent notamment des élus de la République Française.

Du 6 au 11 avril 2011, à l'invitation du Consul Général de France à Jérusalem, j'ai conduit, en ma qualité de secrétaire national de l'ANECR (association nationale des élus communistes et républicains) avec le coprésident de l'AJPF (association de jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises) une délégation de 54 Français, composée d'élus locaux et de responsables associatifs. Cette délégation avait pour objectif, à travers la rencontre de responsables palestiniens et israéliens et le déplacement à Jérusalem, Bethléem, Hébron, Ramallah et dans les camps de réfugiés de Daiché et Kalandia, d'observer sur place l'évolution de la situation et d'examiner les possibilités de développement d'actions de coopération décentralisée avec les collectivités palestiniennes.

Mises à part les difficultés quotidiennes pour franchir les check-points, notamment le comportement délibérément raciste des gardes à l'encontre des membres d'origine arabe de la délégation, notre séjour n'a rencontré aucune difficulté particulière. J'ai personnellement profité de ce séjour pour visiter Salah Hamouri dans sa prison de Gilboa (...)

(......)

Car l'objet principal de ma lettre concerne le traitement inqualifiable que les membres de notre délégation ont subi à l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv.

Trente membres de notre délégation se sont présentés à l'aéroport le lundi 11 avril à 14 h. pour prendre le vol Air France de 17 h. 15. Ce groupe a d'abord été retenu debout pendant une heure trente au centre de l'aérogare.

Puis, malgré la présentation du courrier d'invitation de M. le Consul Général, où figuraient nominativement les invités avec leur numéro de passeport, les membres du groupe ont été pressés de questions concernant le programme détaillé de leur séjour. Comme nous n'avons pas caché que nous avions résidé dans un hôtel à Ramallah, la quasi totalité de nos bagages ont été fouillés et cinq membres ont été soumis, sans aucune raison particulière, à une fouille au corps dans des conditions particulièrement et délibérément humiliantes.

Bien que ces fouilles n'aient donné, bien évidemment, aucun résultat, les cinq membres ont été priés de quitter immédiatement le territoire israélien. Parmi les cinq, quatre étaient des élus. Trois étaient d'origine arabe, le quatrième m'avait accompagné dans ma visite à Salah Hamouri et la cinquième était apparue comme la responsable du groupe.

Il s'agit donc bien d'une attitude délibérément hostile de la part des autorités israéliennes, une volonté de punir des citoyens français qui se sont rendus dans les territoires occupés afin de réduire le nombre des témoins des violences quotidiennes infligées à la population palestinienne.

Mais il s'agit également d'un nouvel affront à l'égard de la France puisque ce sont les invités du Consul Général qui ont eu à subir ces brimades.

Les vingt-deux derniers membres de la délégation, qui ont poursuivi leur séjour pour mettre en place de nouveaux projets de coopération, doivent rentrer en France le samedi 16 avril par le vol Air France de 17 h 15.

En conséquence, je vous demande d'intervenir avec fermeté auprès des autorités israéliennes pour, d'une part, protester contre ces pratiques indignes d'un Etat prétendument de droit et, d'autre part, éviter que le même sort soit réservé aux membres de la seconde partie de la délégation.

En espérant pouvoir compter sur votre diligence, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’assurance de ma considération distinguée.