Tsipras.2.jpg I- LE « MAILLON FAIBLE » MONTRE L’EXEMPLE pour une AUTRE EUROPE !



Une question taraude l’Europe : Alexis Tsipras est-il un « partageux » ? Ceux qui disaient pis que pendre de lui, qui, il y a quelque mois seulement, ont soutenu un autre candidat à la Présidence de l’Europe (le socio-démocrate Allemand M.Schultz) pour finalement préférer le libéral Juncker au jeune leader grec, voudraient nous faire croire que la victoire de Syriza est aussi la leur (cf article du 31/01/15).

Le programme de Syriza n’est pas de sortir de la zone Euro mais bel & bien d’en finir avec le diktat de la Troïka et l’intolérable austérité imposée au peuple grec. Je ne rappelle pas les chiffres terrifiants en termes de chômage, de suicides ou de mortalité infantile !

L’objectif d’Alexis Tsipras : relancer l’économie, notamment en relevant les salaires et les retraites ; mais aussi en augmentant les recettes fiscales en faisant payer des impôts à ceux qui n’en ont jamais payés : l’Eglise orthodoxe (qui, par son patrimoine, détient la moitié du pays) et les riches armateurs.

  • Un dirigeant élu sur une espérance ……

Tsipras.3.jpg…et qui fait (déjà) ce qu’il a promis : ainsi, dans son discours de politique générale, Alexis Tsipras a pris le contrepied du programme d’ « aide » de la Troïka en se fixant des priorités immédiates :



• Si la Grèce honorera sa dette, il ne saurait être question de négocier un nouveau plan de « soutien » qui signifierait avaliser la poursuite de l’austérité

• Il entend remettre en marche l’économie et l’Etat, à la fois en luttant contre l’évasion fiscale et la corruption, et en réintégrant les 10.000 agents travaillant dans les services publics licenciés dans le cadre du diktat de l’UE (ex : employés de ménage)

• Surtout, il compte prendre des mesures économiques et sociales radicales :

- arrêt des projets de privatisations (port du Pirée et secteur de l’énergie)

- augmentation du salaire minimum (de 580 € à 751 €) et des retraites

- suppression du paiement pour une visite à l’hôpital (rappel : les parents devaient payer 800 € pour récupérer leur bébé à la maternité !)

- dissolution de l’organisme créé pour liquider les biens publics et les brader au secteur privé



II- La DEMOCRATIE REMISE EN CAUSE ……par des TECHNOCRATES NON ELUS !

Ah, quelle belle invention, la Démocratie : elle permet qu’on puisse la réclamer pour les autres, des « Pays de l’Est » avant 1989 à l’Ukraine aujourd’hui, que les peuples aient le droit de décider de leur destin.... mais à condition qu'ils votent "bien". On la brandit quand elle nous sert, on lui tord le cou quand elle nous gêne. « On » ? Les dirigeants européens et autres « droits-de-l’hommistes »

__A peine élu, Alexis Tsipras se voyait en effet déjà sommer, entre autres par Mario Draghi, patron de la BCE, BCE_-_Draghi.1.jpg

de ne pas appliquer le programme sur lequel Syriza a été porté au pouvoir, le vote des Grecs ne devant, selon les politiques et les technocrates qui dirigent l’Europe, nullement remettre en cause les engagements des gouvernements grecs précédents__, à savoir la mise à l’encan du pays par la Droite & le PS.

  • Tirez les premiers, Messieurs … de la BCE !

BCE_-_immeuble.2.jpgMettant ses menaces à exécution (sans en avoir touché le moindre mot à Merkel ou Hollande ?), la BCE a opéré un coup de force contre le nouveau gouvernement en suspendant les liquidités pour les banques grecques, les privant ainsi de ressources pour relancer l’économie.

Quant aux politiques, l’Allemand Shultz traitant Tsipras d’ « irresponsable » , son homologue de la CDU poussant des cries d’offraie ou l’Italien Renzi estimant que cette mesure de la BCE est « légitime & opportune » , ils se sont alignés sur les eurocrates bruxellois !

Et chez nous, quid de « Moi, Président … » ? Il est resté dans l’ambiguïté et, comme toujours, nous a sorti une phrase à double lecture : « La décision de la BCE (…) place les Etats devant leurs responsabilités, en particulier le gouvernement grec qui doit rapidement préciser son programme de réformes ». (sic !)

« Préciser son programme de réformes » ? Est-ce à dire que le vote des Grecs, un peu comme nous en 2005, serait nul et non avenu au motif que le résultat des urnes ne convient pas aux zélateurs de l’Europe libérale ?

Les grecs ont répondu, par leur vote massif en faveur de Syriza, 36%, auxquels j’ajoute les 7% du KKE & les 3% du parti souvenainiste, à plus de 45% , qu’ils voulaient en finir avec les restrictions, le chômage endémique, le renoncement aux soins, ……. !

  • La démocratie bafouée ……à Paris !

Un peu comme nous un certain jour de mai 2012, sauf que Tsipras, en quelques jours, a déjà pris, en Grèce, des mesures que nous, en France, attendons encore !

Nous aurions apprécié que chez nous un certain Hollande François mette en œuvre « rapidement » son « programme de réformes » ! Il l’a fait, mais au bénéfice du patronat, en lui accordant tous ses caprices !



C’est la raison pour laquelle, aujourd’hui la Grèce a besoin du soutien de tous les démocrates, de tous les progressistes, et bien sûr de tous ceux qui se réclament de la « Gauche radicale ».

C’est la raison pour laquelle un grand rassemblement est prévu le 18 Mars à Francfort devant la BCE.

Syriza représente une réelle lueur d’espoir. En Espagne, Podemos, certes, ne se réclame pas d’une Gauche radicale. En Italie, les choses sont en train de bouger également. Ici, chez nous, il nous faut inventer une nouvelle manière de faire de la politique, dans le cadre d’un large rassemblement, mais à condition que ceux qui veulent travailler avec nous en finissent avec la lutte des places et les admonestations & autres réquisitoires !

Pour finir, une remarque en forme de satisfecit & d’espoir : désolé pour Léon Blum & Pierre Maurois (je ne parle même pas des Blair, Zapatero, Shröder ou Helmut Schmidt chez nos voisins), mais .........Alexis Tsipras est le 1er chef de gouvernement issu de la Gauche radicale qui ait jamais accéder à ce poste en Europe !

Syriza.4_soutien_FdG_.jpgEt en France, le PCF est le 1er parti à avoir soutenu Syriza et accueilli Tsipras quand tous les autres ne voyaient que de dangereux "gauchistes" ! TANT MIEUX !