Cet assassinat reste emblématique des moyens politiques et matériels déployés par les pays occidentaux pour éliminer un dirigeant progressiste, avec une véritable union sacrée du monde capitaliste, Etats et entreprises, pour tuer dans l’œuf toute velléité d’émancipation.

LA PEUR DE PERDRE LE CONTRÔLE DES RICHESSES

D’abord propriété privée du roi des Belges Léopold II dès 1886, puis cédé ( !?) à la Belgique en 1906, le Congo, appelé EIC (Etat Indépendant du Congo), devient le Congo belge ; il occupait, et occupe encore, une position géographique stratégique en Afrique centrale, renforcée par un sous-sol regorgeant de richesses : diamant, or, étain, cuivre, fer, bauxite, charbon, pétrole,…Autant dire que nos chères « démocraties occidentales » n’entendaient pas renoncer à un tel pactole.

Lumumba__2.jpgLe 30 juin 1960, l’indépendance est déclarée : au roi des Belges Baudoin qui prononce un discours paternaliste répond une adresse de Lumumba au peuple congolais : « C’est une lutte qui fut de larmes, de feu et de sang, nous en sommes fiers jusqu’au plus profond de nous-mêmes, car ce fut une lutte noble et juste, une lutte indispensable pour mettre fin à l’humiliant esclavage qui nous était imposé par la force »

DIVISER POUR MIEUX REGNER

‘Curieusement’, dès les semaines qui suivent, les deux régions les plus riches, le Katanga et le Kasaï, « gérées » par des entreprises minières belges, font sécession. Patrice Lumumba en appelle à l'ONU, qui envoie des Casques Bleus mais ceux-ci se gardent bien d’intervenir (déjà).

C’est là qu’entrent alors en scène les pions des puissances occidentales encouragés et armés par celles-ci.

  • D’abord Moïse Tschombé qui dirige l’insurrection du Katanga grâce aux Anglais qui lui laissent utiliser leur colonie de Rhodésie comme base arrière et aux Français qui l’alimentent en mercenaires, des militaires français, dont l’un d’eux, officier, assure avoir reçu l’aval de Messmer (à l’époque Ministre des Armées de De Gaulle) !
  • De leur côté, les Belges et les Américains sortent de leur chapeau Joseph-Désiré Mobutu, (qui se fera appeler plus tard, Mobutu Sese Seko, le maréchal-président). Ce proche de Lumumba, mais en fait ex-agent de la sûreté belge, Secrétaire d’Etat dès juillet 1960, profite de la crise sécessionniste pour se faire nommer chef d’Etat-major et perpétuer un coup d’Etat : encouragé par ses mentors belges et américains, il fait arrêter Lumumba et d’autres leaders nationalistes et les assignent à résidence.

Après une tentative d’évasion, Lumumba est repris et emmené le 17 janvier 1961, avec deux de ses compagnons, au Katanga et livré à Tschombé. Torturés par des soldats katangais et des mercenaires belges, ils sont exécutés par un peloton katangais dirigé par un officier belge. Lumumba__3.jpg

En 2000, le livre L'Assassinat de Lumumba et en 2003, le documentaire télévisé CIA guerres secrètes dévoilent les responsabilités :

  • c’est Mobutu qui a fait disparaître le corps de Lumumba avec l’aide d’agents secrets belges
  • ce sont des officiers belges encore en fonction qui ont dirigé l’opération du transfert de Lumumba au Katanga et plusieurs des partisans de Lumumba seront exécutés les jours suivant avec la participation de militaires ou mercenaires belges.
  • les Etats-Unis avaient déjà tenté de faire assassiner Lumumba en l’empoisonnant, la CIA s’inquiétant de voir basculer le riche Congo dans le camp soviétique

Tiens la CIA ! Et, pour faire le lien avec l’actualité, qui a annoncé que Moubarak allait partir ? L’ « Agence Tous Risques » américaine pardi ! Ils sont forts ces Américains, toujours informés avant nous !