Permettez –moi d’abord de saluer la victoire de Syriza en Grèce, mais aussi de dénoncer l'unanimisme béat, voire intéressé : il y a 3 semaines, tout le monde était Charlie, depuis Dimanche tout le monde est Syriza En tout cas, c'est bien une première brèche, un premier coin enfoncé dans l’Europe de l’austérité !

I- Contexte national et international :

Le mot « Austérité » : A partir des années 2000, on constate le rétrécissement de la base des recettes des collectivités territoriales : suppression de la taxe professionnelle, "mic-mac" des dotations (DGF), décisions de l’Etat impactant les recettes de ces mêmes collectivités, ….

Mais depuis 2012, un « vent mauvais » s’est levé : de la « trêve des confiseurs 2012 » au budget 2015, l’Etat décide, au motif de réduction des dépenses publiques, des mesures unilatérales de restrictions de dotations tout en poussant les collectivités à d’autres dépenses (rythmes scolaires)

Il y a là un réel risque de ralentissement économique, un coup d’arrêt au développement avec moins d’Investissement : je rappelle que 71% des investissements publics sont assurés par les collectivités . Est-ce à dire qu'elles vont devoir renoncer à des prestations également en fonctionnement, à savoir réduire voire supprimer des prestations ou des services ?

Comment ne pas parler du choix du Gouvernement, au motif de réduire les déficits publics, d'amputer les dotations aux collectivités de ... 28 milliards (prendre en compte la « réfaction », c'est-à-dire en cumulé) sur la période 2014 / 2017, rendant l’élaboration budgétaire de plus en plus contrainte !

Ce choix des 28 milliards ne peut être ni compris, ni justifié, quand, dans le même temps :

  • quasiment le même montant est accordé au patronat (et je dis bien au patronat, pas aux entreprises, car les entreprises, ce sont aussi leurs salariés) car, sur le Pacte de l'(Ir)responsabilité, le MEDEF a avoué ne pas se sentir obligé de créer le million d'emplois promis initialement
  • le CICE de Hollande dès l'automne 2012, soit 20 milliards
  • le CIR de Sarkozy toujours en vigueur, soit 5 milliards; sans parler d’autres mesures prises par la Droite et qui n’ont pas été abrogées (ex : « niche Copé »)

Le problème de la France n'est donc pas un trop plein de dépenses publiques (elles augmentent, certes, mais restent stables en % du PIB). La question, c'est l'assèchement des recettes fiscales et sociales qui, elles, chutent : car, nonobstant la Loi de Finances qui impacte directement les collectivités, la gouvernement poursuit la fuite en avant en créant de nouveaux manques à gagner.

Ainsi, le projet de loi Macron avec un nouveau cadeau fiscal aux plus aisés, patrons & autres cadres dirigeants, qui concerne les distributions d’actions gratuites (réduction de l'assiette de - 50%). Le ministre a été contraint d'avouer que la perte de recettes fiscales s'élèvera à ... 200 millions € par an !

Et sans compter par ailleurs les privatisations et la mise à l’encan de vastes pans de l’économie et du secteur public : santé, éducation, culture,

Ce démantèlement des missions et prestations publiques impacte celles et ceux qui en ont le plus besoin : « Les services publics sont les biens de ceux qui n’en ont pas »

CM_5.jpg



II- Alors, à Savigny-Le-Temple :

Dans ces conditions, comment monter un budget quand des communes plus ou moins importantes que la nôtre (20.000 / 60.000 habitants) ont calculé la baisse de leurs recettes entre 1 & 3 millions pour cette année ?

D'ores et déjà, nous savons que la seule DGF baissera de 4, 97 % ce qui représente déjà 300.000 € !

Pour autant, je suis satisfait de constater que Mme le Maire, vous tenez ferme le manche de notre navire.

Les engagements de notre programme municipal sont maintenus et tenus :

  • en recettes, pas de hausse de la fiscalité mais il faudra se battre pour l'obtention des crédits promis dans le cadre de la Politique de la Ville
  • en dépenses, pas de suppression de services ou de prestations à la population,

Nos priorités demeurent et c’est ce que la population attend de son maire : en ces temps de défiance à l’égard de la politique et de ceux qui les représentent, il est bon que les citoyens constate que notre contrat passé avec eux est respecté et ce malgré les obstacles.

Plus précisément :

1-En dépenses de Fonctionnement :

  • dans le cadre de la réorganisation des services, la création, non pas d’un « Service Jeunesse », mais d’une « Direction des Actions en faveur de la Jeunesse », avec toutes leurs dimensions, notamment les plus prégnantes (je pense à l’emploi, le logement & la santé)
  • les « rythmes scolaires » : alors que nombreuses villes ont renoncé à s’engager (c’est vrai, ces projets sont complexes) et que d’autres les arrêtent, nous maintenons le contenu pédagogiques et la gratuité


2-En dépenses d'Investissements : là encore, nos engagements, aussi bien dans le cadre des enveloppes que des crédits affectés à des projets, correspondent à nos engagements:

  • rénovation complète des groupes scolaires anciens et travaux lourds sur d'autres
  • nouvel équipement sportif (salle de boxe) que nous devrons travailler avec les utilisateurs,
  • poursuite de nos obligations réglementaires : avec la mise aux normes pour les Personnes à Mobilité Réduite
  • lancement de projets (études) dans le cadre de la Politique de la Ville sur « la requalification urbaine » (espaces mieux conçus, utiles et beaux)

Ce travail est à poursuivre en souhaitant que notre BP sera fidèle certes à ces orientations mais aussi et surtout à notre engagement pris devant la population

Je vous remercie de votre attention

PCF-FG_1.jpg