« …..il me semble que la misère serait moins pénible au soleil » : surtout ne parler pas aux Grecs de la chanson d’Aznavour !

Le peuple grec refuse le chantage auquel on voudrait le soumettre. Si le Parlement n'avalisait pas ce nouveau plan d'austérité qui achève d'étouffer le pays, la Grèce se voyait refuser les 130 milliards € de prêt censés éviter le « défaut de paiement », c’est-à-dire la faillite, d’ici le mois prochain.

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Et la pilule a du mal à passer, même dans la majorité PASOK/Nouvelle Démocratie (Socialistes et Droite ensemble) : des élus, voire des ministres de cette majorité « crachent le morceau » et se désolidarisent du Premier ministre, le non-élu représentant des marchés, l’ancien cadre du groupe financier Goldman-Sachs.

Depuis 2010, c'est une longue litanie de mesures de régression sociale qui s'est abattue sur la Grèce. Qu’on en juge !

-hausse de la TVA à 23 %

-suppression de l'équivalent de deux mois de salaire pour les fonctionnaires et les retraités,

-remise en cause des conventions collectives

-vaste programme de privatisation des entreprises publiques.

Cette fois-ci, ce sont les plus fragiles qui sont attaqués :

-le salaire minimum est baissé de 22 % pour tomber à 586 € brut ; et même de 32 % pour les jeunes de moins de 25 ans qui ne pourront prétendre qu'à 512 € bruts.

-les allocations chômage sont elles aussi amputées de 22%

-Le taux de chômage global est de 20,9 %, soit 1 million de Grecs pour un pays de 11 millions d’habitants ; quant aux jeunes, près de la moitié d'entre eux sont sans emploi.

-15.000 emplois publics vont être supprimés

-Dans le secteur privé, les salaires ont chuté de15 %, tous secteurs confondus. Or, « quand on s'attaque aux salaires du privé, ce n'est pas pour diminuer les dépenses de l’État ou augmenter ses recettes fiscales. Cela sert surtout aux employeurs pour s'en mettre plus dans les poches » déclarait un manifestant.

Un économiste de l’OFCE (Office Français de Conjoncture Economique) ne pouvait qu’analyser que « le chemin entrepris depuis 2009 mène le pays dans le cercle vicieux de la récession, de la baisse des recettes fiscales et du creusement du déficit »

Alors, la Grèce doit-elle sortir de l’Euro ? Le même économiste confiait : « Le pays connaîtrait une dépréciation énorme de sa monnaie, donc l’inflation et des turbulences économiques »

Quant aux Grecs, « qu’ont-ils à y perdre, vu que rester dans la zone euro leur coûte déjà ? »

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Donc, pour reprendre des dictons :

  • le remède ne sera-t-il pas pire que le mal ?
  • faut-il choisir de mourir de la peste ou du choléra ?

Et cette politique au pain sec fait des émules ! Pourquoi faut-il changer des équipes et des recettes qui perdent ? L’Europe est atteinte du syndrome Domenech !

En Espagne, où au socialiste-libéral Zapatero a succédé un gouvernement libéral (tout court) pour réformer le droit du travail afin de flexibiliser le marché de l’emploi. Son voisin, le Portugal, lui emboîte le pas : le plan de sauvetage de 73 milliards € passe par un plan de rigueur, qui en échange augmente les impôts, baisse les prestations sociales et flexibilise le travail

Des élections anticipées, prévues en ce mois de février et d’ores et déjà repoussées, seront-elles de nature à rassurer les Grecs ? La Gauche, la vraie, est donnée vainqueur. Mais, c’est comme chez nous, rien de sert de courir, il faut....prendre les mesures qui s’imposent :

  • sortir du diktat des traités européens et construire une Europe du développement économique et social
  • s’affranchir de la mainmise des marchés et rendre aux Etats leur souveraineté budgétaire
  • faire de la BCE une véritable banque des Etats à qui elle prêtera à des taux préférentiels

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