Plus d’UN SIECLE DE COLONIALISME

Suite à la défaite de Napoléon, la France perd la plupart de ses colonies. guerre_Alg_rie_2.jpg Il faut redorer notre blason et face aux troubles intérieurs (Révolution de 1830 et révoltes des années suivantes, entre autres celles racontées par Victor Hugo dans Les Misérables), le gouvernement royaliste entend lâcher du mou : et quoi de plus efficace que de lancer des aventures outremer, de nature à enthousiasmer, tout un peuple, de l’ouvrier au capitaine d’industrie ? Car l’Algérie regorgeait de richesses : gaz, pétrole, mais aussi produits agricoles. Et nous voilà partis, les Algériens surtout, pour 130 ans de colonisation.

Des DRAMES HUMAINS

En fait d’aventures pour ceux qui disaient que « l’Algérie, c’était un beau pays » (S.Lama), tous n’eurent pas la chance de vivre à l’heure française !

  • Français partis « chercher fortune » dans les colonies où ils feront souche en devenant, souvent, d’abord fermier puis se retrouveront à la tête de milliers d’hectares de terres. Ils formeront la majorité des « rapatriés d’Algérie » après 1962.
  • Immigrés espagnols et italiens, fuyant la misère de leur pays au 19° et au début du 20° siècles, venus y (re)construire leur vie : d’immigrés, ils sont devenus, au cours des générations, agriculteurs, commerçants, chefs d’entreprise : ils seront les « Pieds-noirs » parmi les rapatriés.
  • Les Harkis, Algériens ayant ‘choisis’ de rester dans le giron français, incorporés dans l’armée française et qui subiront, à l’indépendance, une dure répression, car ils seront considérés comme des collaborateurs de l’occupant français.
  • Les soldats français, « les appelés du contingent » qui effectuaient leur service militaire, guerre_Alg_rie_3.jpgdonc qui n’ont pas choisi d’aller combattre en Algérie (contrairement aux soldats volontaires de la guerre d’Indochine). Ceux qui refusèrent d’aller combattre connurent les geôles de la République (Henri Martin, Maurice Audan)

Une SITUATION INTENABLE

Politiquement, la situation était « explosive », au sens figuré avec une France divisée et des partis en conflit, comme au sens propre avec des attentats fascistes et la répression policière (cf les billets sur les anniversaires du ‘17 octobre 1961’ et de ‘Charonne’)

En fait d’ « opérations de police », l’on assistait à une véritable guerre : d’ailleurs, on parle de « la Bataille d’Alger » pour qualifier ce qui fut plus plutôt une opération de guérilla urbaine des paras contre les résistants du FLN.

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Guerre sans en respecter les règles, sans doute parce que l’Algérie, c’était la France, donc, on était chez nous, on y faisait ce que bon nous semblait, bien que les Algériens n’étaient pas des Français, puisqu’on disait, en parlant de la population vivant en Algérie, qu’il y avait les « Français » et les « Musulmans » , ceux-ci subissant ratonnades (agressions organisées), massacres et viols dans les villages, et surtout utilisation de la torture contre les prisonniers, n’en déplaise à Monsieur Le Pen qui la nie (le général Ossaresse, lui, a eu le courage de la reconnaître)

La TORTURE

Le « beau temps des colonies » semblait révolu : désormais, il fallait aller « casser du fellah » ou « …du bougnoule », au point d’atteindre l’horreur :

  • les tortures insoutenables, à l’électricité (la fameuse « gégène »), sur les parties génitales, ou bien la « baignoire » et la « serviette »

guerre_Alg_rie_-_Bigeard.jpg* les « crevettes Bigeard », du nom du colonel (depuis devenu général) qui avait repris un mode particulier (inventé en Indochine) d’apprendre à nager aux résistants Algériens : les précipiter dans la mer depuis des hélicoptères, les pieds coulés dans une bassine de ciment !

TRISTE BILAN ou POUR QUI, POUR QUOI ?

Cinquante ans après, les blessures ont toujours du mal à se refermer, sans doute en raison du coût humain, en morts, en vie brisées et en espoirs perdus.

  • 30.000 morts français, dont 25.000 militaires
  • entre 350 000 et 400 000 morts « musulmans » dont des milliers de Harkis

A noter que le nombre de torturés (les centaines de milliers d'Algériens et les centaines de prisonniers français) ainsi que le nombre de disparus n'ont jamais été connus : la très grande majorité étaient des civils.

D’abord défavorable, De Gaulle penche finalement pour l'indépendance en tant que seule issue possible au conflit ce qui débouche, après les Accords d'Évian du 18 mars 1962, et la fin de la Guerre le 19 , sur l'indépendance de l'Algérie, le 5 juillet. Ainsi, après plus d'un quart de siècle de conflit en Europe, en Asie et en Afrique, la France était enfin en paix.

Le terme officiellement employé à l'époque par la France était « évènements d'Algérie » même si l'expression « guerre » avait cours dans le langage courant du moment. Il a fallu attendre le 18 octobre 1999 pour que le terme de « guerre d'Algérie » soit officiellement adopté par la France.