Lorsque les troupes françaises débarquent à Danang en 1858, sous le régime de Napoléon III, notre beau pays avait commencé son aventure colonial(ist)e depuis près de 30 ans avec la colonisation de l’Algérie dès 1830.

L’aventure allait continuer et s’amplifier dans les années 1880/1890 sous la III° République afin d’apporter la civilisation et d’éduquer les peuples barbares, son plus fervent promoteur n’étant autre que le père de ….l’école républicaine, Jules Ferry lui-même !

Donc le 2 septembre 1945, Ho Chi Minh proclame l’indépendance du Vietnam, ce qui ne plaît guère à notre gouvernement : dès octobre 1945, la France occupe de nouveau le sud du Viêt Nam et si, le 6 mars 1946, est reconnue cette indépendance, c’est pour désigner l’empereur Bao Daï, qui avait collaboré avec les Japonais, chef de l’Etat du Vietnam au sein de l'Indochine française.

Avec le bombardement de la ville de Haiphong (port du Nord) par la flotte française (23 novembre) et l’insurrection du Viêt-minh (Ligue pour l’Indépendance du Vietnam) à Hanoï (19 décembre), c’est le début de la guerre d'Indochine.Vietnam_-_sampan_crew.jpg

La défaite de Dien Bien Phu le 7 mai 1954 conduit la France à la table des négociations qui aboutissent à conclure la paix lors des Accords de Genève le 20 juillet, au prix de la partition du Viêtnam en deux zones de part et d'autre du 17e parallèle :

  • au nord, la République démocratique du Viêt Nam, d’obédience communiste et dirigée par Ho Chi Minh est enfin reconnue ;
  • au sud, l'État du Viêt Nam reste en place avec à sa tête l'ex-empereur Bảo Đại

En octobre 1955, l'empereur Bảo Đại est déposé par un coup d'État de son premier ministre Diệm qui proclame la République du Viêt Nam à la place de l'État du Viêt Nam, en fait un régime nationaliste et anti-communiste. En 1956 Diem refuse d'organiser le référendum prévu par les accords de Genève pour la réunification du Viêtnam. C’est l’époque de l’arrivée des premiers conseillers militaires américains et de la réactivation des réseaux Việt Minh au Sud.

Son régime autoritaire entraîne, en décembre 1960, la fondation du Front National de Libération du Sud Viêt Nam (Viêt Cong) qui lance une rébellion armée. Diệm instaure alors un régime dictatorial : en résultent des troubles avec des manifestations bouddhistes et étudiantes. Avec l'assassinat de Diệm en 1963, le chaos politique s'installe jusqu'en 1965.

US, Come in ? Vietnam_-_guerre.massacres_US_1.jpg

En août 1964, les États-Unis bombardent le Nord et en 1965, une division de Marines américains débarque sur le sol sud vietnamien sur la plage de Da Nang. C'est le début de l'intervention militaire américaine au Viêt Nam.

Vietnam_-_GIs.jpg Progressivement le nombre de G.I. combattant dans le Sud-est asiatique va s'accroître. Courant 1966, les américains, sous l'égide du général William Westmoreland, lancent une série d'offensives destinées à trouver les places fortes où les militants communistes pourraient se cacher. C'est alors la logique de « recherche et destruction » (Search and Destroy) qui prime. La plupart de ces opérations se solde par des échecs car les troupes vietcong ne cherchent pas l'affrontement. C'est en effet une guerre d'embuscades, une vraie guérilla qui agite tout le Sud Viêt Nam. Les américains intensifient alors l'usage des hélicoptères pour lancer des missions dans la jungle vietnamienne.

Devant une situation à laquelle l'armée américaine n'est pas préparée, le moral des troupes s'effondre. On lance alors le projet de gagner « le cœur et les âmes » pour s'attirer la sympathie des populations rurales du Sud, mais c'est un nouvel échec, alors que les bombardements sur le Nord s'intensifient, et que les intrusions Nord vietnamiennes au Sud (par la « piste Hô Chi Minh ») deviennent massives. La guerre est alors totale en 1967.

Le Tournant

Le 1er février 1968 est lancée l'offensive du Têt : attaque surprise et généralisée perpétrée par le FNL et les troupes nord-vietnamiennes. Ils occupent les villes du Sud, surtout Huê. L'ingéniosité vietnamienne (guerre des tunnels, pièges dits booby-trap,...) s’impose alors face à la lourdeur et au manque d'initiative des forces américaines pourtant engagées en masse. Le symbole de cette offensive du Têt restera la prise de l'ambassade américaine à Saïgon par les Vietcong

US GO Home!

Le 31 mars 1968, les bombardements américains cessent au Nord. Devant l’enlisement des Gis et les manifestations anti-guerre un peu partout dans le monde, les États-Unis se retirent partiellement du conflit à partir de juin 1969. Comme la bataille de Dien Bien Phu a conduit aux accords de Genève de 1954 pour le retrait des troupes françaises, l'offensive du Têt de 1968 a conduit aux Accords de paix de Paris de 1973 pour l'évacuation totale des troupes terrestres américaines peu après.

Le Bilan

Malgré le poids des USA dans la bataille (560.000 militaires au plus fort des combats et plus de 8 millions de militaires impliqués et/ou ayant participé à un moment ou à un autre), le bilan pour les forces armées américaines est estimé à 58.177 soldats tués et 153.303 blessés. Il est par contre plus difficile de s'accorder pour ce qui est des victimes vietnamiennes : en effet, des personnes sont encore aujourd'hui tuées par des mines et des bombes non explosées.

Les dioxines contenues dans les défoliants (agent orange) déversés par l’armée américaine durant la guerre (pour éclaircir la jungle et chasser les maquisards qui s’y cachaient) sont responsables, encore de nos jours, d’un taux anormal de malformations congénitales. Par ailleurs, la contamination d'une partie des sols entraine aujourd'hui encore de graves problèmes de santé (rachitisme, cancer des poumons et de la prostate, maladies de la peau, du cerveau et des systèmes nerveux, respiratoire et circulatoire, cécité, diverses anomalies à la naissance)

Les estimations de pertes les plus basses, basées sur les déclarations (à présent reprises) du Nord Viêt Nam étaient autour de 1,5 million de Vietnamiens tués. Le Viêt Nam a annoncé le 3 avril 1995 qu'un total d'un million de combattants et quatre millions de civils avaient été tués durant la guerre. La validité de ces chiffres n'a généralement pas été contestée.

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