Ainsi, pour ce qui est des résultats de Chavez dans les domaines économique et social, c’est Le Parisien qui en parle le mieux : « Financés par une importante rente pétrolière, l'une des plus importantes du monde, des programmes sociaux considérables ont vu le jour. Ils ont permis d'améliorer la vie de nombreux Vénézuéliens dans les domaines de la santé, du logement ou de l'éducation »

Pour cette élection, son seul adversaire, fringant quadragénaire (de "centre-droit" ou "centre-gauche" selon les sources !), a mené une campagne de dénigrement, n’hésitant pas à jouer la carte du populisme.

En tout cas, ce milliardaire, première fortune du pays, fondateur d’un parti ultra-droitier et qui a participé au putsch de 2002, a su rallier à lui l’ensemble de l’opposition, qui, il y a déjà plusieurs années, s’est sabordée comme organisation(s) pour mieux combattre Chavez en créant des TV privées (aux programmes : émissions de "télé-réalité" et diatribes anti-Chavez)



« UN BILAN GLOBALEMENT POSITIF »

Ainsi, Le Parisien n’hésite pas à montrer des chiffres et des graphiques marquant l’évolution socio-économique entre 1999 et 2010/2011. Et en plus, ces chiffres, on ne peut guère les tenir comme pro-Chavez puisqu’ils émanent de la Banque mondiale et du FMI ! (La Cepal, Commission économique pour l’Amérique latine de l’ONU, présente des chiffres légèrement différents mais qui suivent les mêmes courbes et présentent les mêmes tendances).

Et excusez du peu !!

  • taux de pauvreté : réduction de 48,7 % à 26,9 %
  • taux de chômage : réduction de 14,5 % à 6,9 %
  • taux de croissance du PIB : augmentation de –5,97 % à +4,74 %

Chavez_reelu_rsultats_soc-eco.jpg

Dès ses premières années de pouvoir, les courbes se sont inversées : il ne lui a pas fallu 5 ans,….ni 4 ans,…… : dès 2001, le taux de croissance était redevenu positif à 3,3, le taux de chômage était tombé à 12,8 et celui de la pauvreté à 45,4.

En 2002, avec le putsch et l’incertitude autour du pouvoir, le PIB s’effondre, le chômage et la pauvreté repartent à la hausse.

Mais, en 2004, le PIB atteint son maximum avec 18,3 : conséquence immédiate, le chômage et la pauvreté chutent drastiquement, quasi de moitié en 2 ans, entre 2004 et 2006 ! Puis continuent de diminuer malgré la baisse du PIB.

Si l’on prend l’année 2008 comme « juge de paix » pour mesurer l’évolution depuis la crise :

  • le PIB est reparti à la hausse (estimé à près de 5% pour 2012)
  • la pauvreté continue de reculer, elle est tombée à 26,9
  • le chômage reste stabilisé avec une légère hausse


CHAVEZ MAGICIEN ?

Il n’y a pas de secret. Pour ne prendre que l’exemple de l’Amérique latine, les gouvernements issus d’élections récentes (au Brésil, en Equateur, en Bolivie, en Argentine) qu’ils se proclament révolutionnaires ou simplement socio-démocrates, qui ont osé prendre des mesures « populaires » (par opposition à ce que l’on entend ici sur « le courage des mesures impopulaires » ) ont vu les indicateurs, sinon passer au vert, du moins sortir du rouge : baisses de la dette, du chômage, de la pauvreté ; hausse du pouvoir d’achat, rentrées fiscales supplémentaires ; bref un ‘retour à meilleure fortune’ grâce à des mesures d’efficacité sociale & économique

Au Vénézuéla, c’est vrai, la « rente pétrolière » n’ y est pas pour rien, encore fallait-il la réorienter pour qu’elle soit désormais au service du pays et de ses habitants, notamment des plus modestes.

D’où des programmes de développement qui ont pour nom « missions sociales » (c’est plus simple et moins douloureux pour la population que « Programme d’ajustement structurel » ou « Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance ») :

  • mission Vivienda : construction de 3 millions de logements
  • mission Amor Mayor : programme en direction des seniors, mais aussi des groupes fragiles (mères au foyer, petits paysans, travailleurs du secteur informel,..) pour leur garantir un retraite digne
  • mission Fils du Venezuela : aide aux enfants en difficulté, mais aussi aux mères : accès à la santé, à l’éducation, à une aide financière directe
  • mission Agro Venezuela : programmation de réappropriation publique des activités agricoles, notamment la maîtrise des terres (lutte contre l’appropriation illicite de terrains publics, lutte contre la ‘jachère’ qui spolie les petits paysans)

Alors oui, cela fait grincer des dents à l’intérieur parmi l’oligarchie libérale au pouvoir jusqu’en 1998 (soit dit en passant, les mesures de Chavez n’ont pas empêcher son adversaire malheureux à l’élection de faire fortune !). A l’extérieur aussi, notamment aux Etats-Unis qui voit d’un mauvais œil la politique de coopération instaurée par Chavez avec les autres Etats latino-américains, via des organisations comme l’Alba, l’Unasur et le Mercosur, cette dernière envisageant la création d’une monnaie commune, le sucre, afin de dégager ces pays de la domination du dollar.

Alors oui, Bravo Monsieur Chavez ! Vous avez (eu) le courage de vos convictions, car, pour jouer & paraphraser sur les (gros) mots & les (petites) phrases :

  • Vous faîtes ce que vous dîtes !
  • Vos promesses n’engagent pas que ceux qui les ont écoutées !

Chavez_revolution_bolivarienne.jpg