La Droite, par stratégie, s’est abstenue : en effet, elle n’a rien à redire à ce texte sinon qu’il ne va pas assez loin dans le détricotage du Code du Travail. D’autre part, et cela arrange les socialistes, « on » ne pourra pas dire, du moins le PCF/Front de Gauche, que le PS et l’UMP ont voté ensemble un texte qui remet en cause des décennies d’avancées sociales !



Quand notre député, Olivier FAURE, justifie l’ANI…… Faure4.jpg

Les députés du Front de Gauche n’ont pas ménagé, dès le premier jour, leur peine pour s’opposer à ce projet, avançant des propositions d’amendement, toutes rejetées par la majorité socialiste.

Et c’est ce même 2 avril qu’O.Faure est monté à la tribune de l’Assemblée pour…s’en prendre à ceux qui refusent cet accord, qui défendent le monde et le droit du travail.

  • « Je voudrais lui rappeler (il s’adresse alors à André Chassaigne, Président du groupe PCF/Front de Gauche, NDRL) que, depuis vendredi dernier, nous savons que c’est un accord majoritaire parmi les syndicats de salariés » : !?

Certes, à 51,15%, selon les chiffres sortis opportunément, selon les nouvelles règles de représentativité décidées.........en 2009.....sous Sarkozy ! à 3 jours du débat !, sachant que l’argument des "syndicats signataires minoritaires" serait utilisé !

  • « (…) la négociation sociale supposant forcément de négocier avec le patronat » : !?Parisot.jpg

Certes, mais lorsque les salariés sont en mesure de faire contre-poids au patronat, et non pas quand un gouvernement laisse la bride sur le cou au MEDEF, et en tout cas pas sur les propositions du MEDEF !

  • « (…) le recours au juge administratif ou prud’homal demeurera »: !?

Certes, et encore heureux, mais les conditions et les délais de saisine se trouvent réduits !



……et qu’il entend, « les yeux dans les yeux », nous dire « la vérité »


  • « Certains, à gauche, nous disent que si la droite se félicite de l’accord, c’est qu’il y a un loup. La vérité c’est que, si la droite feint de se réjouir, c’est qu’elle est placée devant une situation très inconfortable. Ce qu’elle n’a pas organisé pendant les cinq dernières années en méprisant les corps intermédiaires, elle se dépêche de l’avaliser pour tenter d’en récolter les fruits »

Quel aveu ! « Ce qu(e la Droite) n’a pas organisé », c’est le détricotage du Code du Travail et il a donc fallu que nous élisions un président et une majorité de Gauche pour que cela arrive ! C’est y est, c'est dit, et par le député « Chien de Garde » du gouvernement, par ailleurs membre du cabinet de Ayrault.

Donc, on l'aura compris, encore une fois, le PS fait le sale boulot !

  • « La vérité, c’est que cet accord consacre de nouveaux droits et de nouvelles garanties pour les salariés » : !?

FAUX, car, à part quelques mesures a minima, telles que l’information des représentants du personnel ou des dommages-intérêts si l'entreprise ne tient pas son engagement de maintenir l'emploi, ne figure aucun véritable droit nouveau d’intervention des salariés dans les choix des entreprises !

  • « La vérité, c’est que cet accord répond aujourd’hui à une situation de crise et qu’il offre les moyens aux entreprises de sauver l’essentiel c’est-à-dire l’emploi » : !?

FAUX, un tel accord est intervenu chez Continental et Renault avec les résultats que l’on sait en nombre de licenciements. PSA Peugeot-Citroën s'apprête à faire de même ! Continental.bmp

  • « La vérité, surtout, c’est que cet accord est la traduction d’un rapport de force à un moment T, qu’il correspond à une situation économique et que l’histoire sociale ne s’arrête pas ce soir » : !?

VRAI, mais il traduit surtout un rapport de force favorable au patronat dans un contexte où la mondialisation met en concurrence les salariés, vise à réduire les « coûts de personnel » et à maintenir les taux de profit

et…..FAUX : « l’histoire sociale » a été marquée par des avancées sociales lorsque la Gauche était au pouvoir avec un minimum (le Front Populaire en 1936, le début de l’ère Mitterrand en 1981) ou davantage (la Libération) de détermination à engager des réformes ! Mieux, sous de Gaulle, donc sous la Droite, en Mai 1968, avec les accords de Grenelle, les salariés obtenaient l’augmentation de 35 % du SMIC et de 10 % des salaires, la création de la section syndicale d’entreprise, la quatrième semaine de congés payés,… !



Aux Salariés, la vis; aux Actionnaires, le vice !

Si un amendement PS a été adopté pour que « les dirigeants salariés et les mandataires sociaux » soient inclus dans l’article qui prévoit que les dirigeants de l'entreprise contribuent également aux efforts fournis par les salariés, les Socialistes ont refusé un amendement des Radicaux de Gauche, visant à geler le versement des dividendes aux actionnaires lorsqu'un tel accord de compétitivité emploi est signé.

Ainsi, en pleine « affaire Cahuzac », et alors que se multiplient les « licenciements boursiers », que notre pays compte 5 millions de chômeurs (officiels) et quelques 9 millions de pauvres, comment ne pas être scandalisé que des élus se prétendant de Gauche refusent, de manière si ouverte, de s’en prendre au coeur de ce qui est la raison d’être du système capitaliste, la rentabilisation du capital ?!

VITE, François Hollande, applique tes "60 mesures" : bien que considérées comme peu réformatrices durant la campagne présidentielle, elles seraient aujourd'hui véritablement révolutionnaires !

En tout cas, le PS, lui, est DÉFINITIVEMENT passé de l'autre côté de la barricade, dans le CAMP du PATRONAT !!!