Le collectif, composé d’une vingtaine d’organisations syndicales et associatives, et soutenu par plusieurs formations politiques, a tenu une conférence de presse à Nice, lors de l’alter-forum qui a précédé et contesté le G20. En voici quelques extraits :

« Écoles, hôpitaux, hébergement d’urgence… Retraites, chômage, culture, environnement... nous vivons tous au quotidien l’austérité budgétaire et le pire est à venir. ’’Nous vivons au-dessus de nos moyens’’, telle est la rengaine que l’on nous ressasse dans les grands médias.

Maintenant ’’il faut rembourser la dette’’, nous répète-t-on matin et soir. ’’On n’a pas le choix, il faut rassurer les marchés financiers, sauver la bonne réputation, le triple A de la France’’.

Nous refusons ces discours culpabilisateurs. Nous ne voulons pas assister en spectateurs à la remise en cause de tout ce qui rendait encore vivables nos sociétés, en France et en Europe.

Avons-nous trop dépensé pour l’école et la santé, ou bien les cadeaux fiscaux et sociaux depuis 20 ans ont-ils asséché les budgets ?

Cette dette a-t-elle été toute entière contractée dans l’intérêt général, ou bien peut-elle être considérée en partie comme illégitime ?

Qui détient ses titres et profite de l’austérité ? Pourquoi les États sont-il obligés de s’endetter auprès des marchés financiers et des banques ? (...)»

Dans le même esprit, le court essai de François Chesnais, enseignant d’économie à l’université de Paris 13, Les dettes illégitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques , remet les pendules à l’heure.

Chesnais fait sienne l’idée d’un audit pour répondre à quelques questions de bon sens : Qu’est devenu l’argent de tel emprunt ? À quelles conditions cet emprunt a-t-il été conclu ? À quoi a-il servi ? Qui a emprunté et au nom de qui ? Qui a prêté et pourquoi ? Comment l’État s’est-il trouvé engagé, par quelle décision, prise à quel titre ?

Chesnais vise les banques, coupables, selon lui, de s’être « détournées de leur fonction indispensable de crédit aux particuliers et aux entreprises pour s’engager dans des activités de spéculation financière nocives et dépourvues d’utilité sociale. Il est temps, non pas de détruire les banques, mais de les saisir afin qu’elles puissent remplir des fonctions essentielles. »

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Deux séries d’idées étroitement entremêlées nous sont assénées, à quelques nuances près, par le gouvernement comme par les dirigeants de l’UMP, du PS. Les premières concernent la dette publique, les secondes les banques.

Les « sacrifices » demandés seraient nécessaires, nous dit-on, afin que « la dette de la France soit honorée » L’injonction « d’honorer la dette » comme celle d’aider les banques reposent sur le constat qu’elles ont prêté avec le montant des dépôts et de l’épargne de leurs clients qui leur est confié. « Elles n’ont jamais été de simples intermédiaires, les profits bancaires proviennent de leurs opérations de création de crédit »

Le bilan de trois décennies de libéralisation financière et de quatre années de crise pose la question de l’utilité économique et sociale des banques dans leur forme actuelle.

C’est l’occasion de poser d’ores et déjà la question, puisque la campagne pour l’élection présidentielle est lancée, de la nécessité de constituer un « Pôle financier public » de nature à financer les besoins de l’Etat, des collectivités territoriales et de l’économie. C'est l'une des propositions fortes du Front de Gauche pour les prochaines échéances électorales.