Les Palestiniens ont donc décidé de «tourner pour l’éternité la page noire de la division» , selon les mots de leur Président, Mahmoud Abbas.

Le premier ministre de l'Autorité palestinienne, Salam Fayyad, a de son côté émis l'espoir que cet accord puisse conduire à « la réunification de la nation, nécessaire pour permettre à notre peuple de décider de son destin et d'établir un Etat indépendant sur la totalité des territoires occupées depuis 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale ».

Le Hamas, quant à lui, souhaite « l’établissement d'un Etat palestinien indépendant et souverain en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, avec Jérusalem pour capitale, sans renoncer d'un pouce y compris au droit au retour ».

«Nous sommes certains de réussir tant que nous serons unis (…), la réconciliation ouvre la voie non seulement à la remise en ordre de la maison palestinienne, mais aussi à une paix juste» , a ajouté M. Abbas, en présence du secrétaire général de la Ligue arabe et de hauts responsables égyptiens ainsi que de représentants des différentes factions palestiniennes.

Mais de l’autre côté du « Mur », on ne voit pas ce rapprochement d’un bon oeil. Le premier ministre israélien, Nétanyahyou, fermement opposé à l’accord interpalestinien, a estimé qu’il était « un coup dur pour la paix et une grande victoire pour le terrorisme ».

Une réaction dénoncée par Mahmoud Abbas qui accuse Israël d'utiliser la réconciliation palestinienne comme une "excuse" pour éviter des discussions de paix, l’occasion aussi de rappeler à Israël qu’il devra «choisir entre la colonisation et la paix». Palestine_-_Colombe.jpg

En fait de réconciliation, doit être avant tout saluée la volonté des différentes fractions politiques d’agir ensemble, comme le souhaitent ardemment tous les Palestiniens. Quelques aient été les facteurs de dissension (relations avec Israël, violence, opportunité de créer l’Etat palestinien sous la colonisation israélienne ,…), cela troublait la lisibilité du projet palestinien et la visibilité de la représentation de l’Autorité palestinienne.

Israël, quelque soit ses dirigeants, de Droite (E.Olmert puis B.Netanyahu) comme de « Gauche » (E.Barak et S.Peres), avaient beau jeu de nier la légitimité de l’Autorité au motif qu’elle ne gouvernait pas à Gaza puisque le Hamas y avaient gagné les élections et y faisait sa loi.

Désormais, et n’en déplaise au gouvernement d’ultra-Droite de Nétanyahou, la voie est tracée pour avancer sur le chemin de la création d’un Etat palestinien, enfin, 18 ans après les accords d’Oslo (rappelez-vous, la poignée de main historique entre I.Rabin et Y.Arafat) et surtout, 63 ans après le Plan de partage de la Palestine de l"ONU préconisant la création d'un Etat pour les Palestiniens !