Ayant pris depuis longtemps ses distances avec un Parti démocrate devenu un hybride, à l’américaine, du Modem & du PS de chez nous, Bernie Sanders se voit doté de près de 30% des intentions de vote !

Il se réclame « socialiste », tâche indélébile & positionnement risqué dans « la plus belle démocratie du monde ». Pourtant, ses positions n’ont pas variées depuis les années 1960, lorsqu’il s’est opposé à la guerre du Vietnam, puis quand il a soutenu le gouvernement sandiniste (alors que son pays finançait et armait les ‘contras’).

Sur le plan intérieur, son credo reste le modèle social-démocrate suédois des années 1970/1980, où l’État-Providence est le garant des services publics et d’une politique de redistribution.

À la manière de Corbyn en Grande-Bretagne, la constance de ses engagements ainsi que son intégrité sont pour beaucoup dans sa popularité auprès de l’électorat populaire & des jeunes.

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Pour autant, il ne faudrait pas croire, comme pour Corbyn ou Tsipras d’ailleurs, qu’elle n’est due qu’à sa bonne mine : elle correspond à une lame de fonds en train de naître contre les inégalités & la pauvreté croissantes dans le pays le plus riche du monde.

S’inscrivant résolument en faux contre la politique libérale en cours, avance des propositions qui font tâche, entre autres :

  • extension du régime de protection sociale pour le libérer du joug des assurances privées
  • réforme fiscale taxant les plus riches & les entreprises qui font des bénéfices indécents
  • gratuité de l’université pour réduire les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur
  • instauration d’un salaire minimum à 15 dollars contre 7$ aujourd’hui (5€ !)

Comme Corbyn, il rallie également les syndicats, mais ne plait guère à l’AFL-CIO, la principale centrale syndicale, réformiste à tout crin quand elle ne prend pas des positions carrément réactionnaires !

Parallèlement à la crise économique & sociale, Sanders bénéficie de la méfiance grandissante des Américains à l’égard du personnel politique, et il ne se prive pas de lancer que « les milliardaires ont plus d’influence sur la campagne présidentielle que les candidats eux-mêmes » : ben oui, puisque l’on sait que les grands groupes industriels ou financiers sponsorisent tout autant les Démocrates que les Républicains !

Certes, il détonne face à la lisse Madame Clinton, sourire Colgate & compte en banque garni, mais quand on sait qu’en face, c’est Trump, milliardaire raciste qui sera sûrement le candidat Républicain ....

Allez, Bernie, encore un effort, ... et on instaure le Socialisme aux USA .... Chiche !?