Or, le spectre qui hante le monde écolo, ou plutôt la question qui le taraude, c'est : comment exister en dehors du PS tout en passant des accords avec lui ? Comment faire montre d’indépendance tout en courant après les maroquins ?

Déjà, il y a plusieurs mois, une conférence-débat organisée par le club Repères écologistes et rassemblant toutes les sensibilités écolos, de Droite, de Gauche, du Centre & de nulle part, avait tourné au vinaigre.



DES VERTS À L’EAU DE ROSE

C’est la guéguerre au sein des Verts : elle ne relève pas simplement du jeu des chaises musicales, dû au grave dilemme de savoir qui obtiendra un maroquin au gouvernement de Valls.

Certes, la dérive social-démocrate des écolos est patente (je ne parle même pas du pitoyable Dani le Rouge !) et révèle une réelle question de positionnement politique et idéologique d’Europe Écologie – Les Verts.

La preuve ? Le récent départ des deux présidents de chaque groupe parlementaire, De Rugy & Placé qui ont rendu leur carte d'adhérent, ainsi que la "fronde" d'une douzaine de conseillers régionaux qui ont quitté le groupe Verts !

Si Cécile Duflot, leur passionaria, a tenté, lorsqu’elle était ministre, de faire entendre sa voix (et sa loi sur le logement portait des avancées, notamment quant à l’encadrement des loyers), ses épigones parlementaires ne jouent plus guère que les courroies de transmission du PS auprès d’un électorat « boboisé » , en rupture apparente de social-démocratie.



Ainsi D. Beaupin & J-V. Placé ne tarissent pas d’éloge sur le « courage » de Valls & de Hollande tout en reprochant à leurs camarades les critiques portées sur l’action du gouvernement.

Alors, quand il s’agit d’évoquer les alliances électorales, nos deux Verts ne s’empêcher de crier au « Tout sauf le PC ! ». Ce n’est d’ailleurs pas par hasard qu’on les présente comme deux ministrables.

Alors, tout rapprochement est-il voué à l’échec ? C’est vrai que des appréciations différentes nous séparent, d’autant que Les Verts se pensent comme les seuls véritables écolos et se prennent pour les « chevaliers blancs » de la défense de l’environnement : chez eux, laver « plus vert » passe pour un label de qualité !



LA MÊME RECETTE AU MENU

Il fut bien dire qu’ils enfourchent les mêmes chevaux de bataille, marronniers de l’écologie politique depuis 40 ans, mais sans leur donner la moindre perspective transformatrice et progressiste, marquant une divergence profonde avec nous :

  • ÉNERGIE : contre le nucléaire & pour le développement des énergies alternatives, mais sans tenir compte que grâce au nucléaire, nous avons l’électricité la moins chère (pour autant je ne nie, ni le risque industriel, ni la question de la fin de vie des centrales & de leur démantèlement)
  • AGRICULTURE : pour la défense des terres agricoles, mais faut-il continuer à encourager l’agriculture intensive, notamment céréalière, à forte dose de pesticides & d’engrais chimiques; & quid des productions vivrières des pays du Sud ?
  • TRANSPORTS : pour le développement des transports en commun mais en faisant payer les utilisateurs de voitures plutôt que d’augmenter le versement transport des entreprises, qui de fait, font faire des économies avec la baisse du Pass Navigo

Ah oui, tiens, au fait ! Si le Pass Navigo est devenu à zone unique depuis le 1er septembre, c'est grâce aux ... Cocos ! Seul le PCF/Front de Gauche l'a proposé lors des élections régionales de 2010, le PS, qui dirige le Conseil régional, pensant à l’époque que c’était une mesure irréalisable !

  • ÉCONOMIE : prôner la "croissance 0" voire la décroissance au nom du refus du productivisme alors que tant de besoins restent à satisfaire
  • LOGEMENT : certes exiger de hautes qualités environnementales en termes d'isolation, de chauffage, ... mais le véritable besoin, c'est davantage de logements accessibles financièrement ; certes, mais employer le terme de logement social n’est pas politiquement correct .... !
  • EUROPE : certes, dénoncer les directives qui autorisent les OGM, l’augmentation, des seuils d’élevage porcin, .....mais pourquoi, diantre !, les écolos, à Paris comme à Strasbourg, ne remettent aucunement en cause les politiques et les institutions européennes, et bien sûr non plus, la dérive ultra-libérale

Avouons-le modestement, c’est nous, les Communistes qui sommes les écologistes : car sans viser comme objectif le développement humain, (notre slogan est bien « L’Humain d’Abord ! »), le développement durable ne restera qu'un slogan, voire un simple pansement sur une jambe de bois, au mieux pour modérer les « excès » du libéralisme, au pire pour donner quitus au capitalisme vert, ce « greenwashing » dont se parent les multinationales !